Pommes de terre : Les producteurs doivent se regrouper

Nicole Ouvrard

Selon l'UNPT, la seule voie de salut pour les producteurs de pommes de terre est de concentrer l'offre et de généraliser la contractualisation.

« Nous sommes comme l'armée mexicaine dans une filière en perte de valeur. » Lors du congrès de l'Union nationale des producteurs de pommes de terre, le 28 février à Amiens, Patrick Trillon, le président, a imploré les producteurs de pommes de terre français de s'organiser afin d'enrayer la chute inexorable des prix. Il voudrait que cesse le comportement « suicidaire » des producteurs expéditeurs qui bradent leur marchandise, ainsi que « la danse du ventre des négociants devant la grande distribution ».
En France, 2000 producteurs expéditeurs et 350 entreprises de négoce vendent des pommes de terre directement aux grandes surfaces. Ils se retrouvent face à six centrales d'achats… « Pour maintenir une relation équilibrée, il faudrait être deux ou trois, déplore Benoist Leforestier, président du CNIPT, l'interprofession des pommes de terre. Pourquoi les producteurs ne se rapprocheraient-ils pas au niveau capitalistique des conditionneurs ou des négociants, ne se regrouperaient-ils pas en coopératives ? Il faut être imaginatif. »

Producteurs et conditionneurs auraient intérêt à créer des structures communes pour peser davantage sur le marché. (V. Marmuse/CAIA)

Producteurs et conditionneurs auraient intérêt à créer des structures communes pour peser davantage sur le marché. (V. Marmuse/CAIA)

Contractualisation obligatoire

Patrick Trillon salue le projet de Loi de modernisation agricole (LMA) qui prévoit de favoriser le regroupement de l'offre et de renforcer la contractualisation. Sur ce dernier point, le président de l'UNPT s'interroge : « je me demande s'il ne faut pas que la contractualisation devienne obligatoire pour tous les segments de marché en pommes de terre ? »
L'interprofession de la pomme de terre a proposé des contrats types, mais ces derniers ont été établis sur la base d'un prix fixe, ce qui ne correspondait pas à la volonté de la grande distribution.
« Il nous faut mettre au point un système de fixation du prix basé sur des critères pertinents, comme les cotations SNM(1), des relevés en supermarchés ou encore l'observatoire des prix et des marges », précise Benoist Leforestier.
Par ailleurs, le secteur de la pomme de terre doit trouver des solutions pour mieux structurer son offre sans pour autant être condamné pour entente illicite. « Il est primordial d'obtenir des dérogations au droit européen de la concurrence en matière agricole », souligne Patrick Trillon.
Pour l'heure, le président de l'UNPT en appelle à la discipline : « ne plantons que si nous avons des débouchés sûrs, ce qui permettrait une baisse de plus de 10 % de nos emblavements », tout en doutant lui-même qu'il soit entendu.

(1) Service des nouvelles des marchés.

Source Réussir Grandes Cultures Mars 2010

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