Portrait d'agriculteur : après l’informatique, les pommes de terre haute couture

JA Mag - Paris

Portrait d'agriculteur : après l’informatique, les pommes de terre haute couture

Blue belle, Carolus, Gourmandine, Laurette, Noha... Chez Matthieu Bigo, les pommes de terre portent des noms exotiques.

Portrait d'agriculteur : après l’informatique, les pommes de terre haute couture

En 2013, quand le jeune cultivateur reprend la ferme de son père à Moyenneville, il « relance la commercialisation en cherchant d’autres débouchés ». À côté des pommes de terre pour l’industrie (pour les chips Lay’s notamment), il « développe le marché du frais » en se rapprochant de la maison Bayard, un négociant spécialisé dans les produits haut de gamme.

Jusqu’en 2008, Matthieu était... informaticien en région parisienne. Il ne s’imaginait pas reprendre la ferme familiale, jusqu’au départ à la retraite de son père et une probable revente du domaine. Ni une ni deux, il a « tout arrêté et repris les études », avant de s’installer. De ses années parisiennes, il a gardé une « ouverture d’esprit » et un goût prononcé pour les nouvelles technologies.

Aujourd’hui, avec 37 ha, les pommes de terre occupent « 25 % de ma surface, mais 80 % de mon temps ». Une production « passionnante » qui fait sa fierté : « Il faut aller les voir tous les jours, il y a une technicité supplémentaire, car on ne cherche pas que le rendement. » Un exemple ? Matthieu Bigo Après l ’informatique, les pommes de terre haute couture Installation : 2013, en EARL Surface : 155 ha, entièrement irrigables Productions : betterave sucrière, pommes de terre (industrie et consommation), blé, pois de conserve « Il faut 8 jours pour arroser mes 37 ha. » Une question de sécurité, mais aussi de qualité. « L’irrigation m’a permis de diversifier mon assolement et de sécuriser mon revenu, souligne Matthieu. C’est ce qui m’a sauvé en cette année de sécheresse ! Si j’arrose, c’est aussi parce que le consommateur veut une pomme de terre parfaite. » Un apport d’eau précoce permet d’éviter la galle et de favoriser la tubérisation, donc d’obtenir des tubercules plus nombreux et plus petits : les fameuses pommes de terre grenaille. Ses projets, désormais ? Développer la vente directe - il dispose déjà d’un distributeur automatique - et, pourquoi pas, investir dans le stockage de pommes de terre.

JAMAG n° 740 - Septembre 2017  

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