Production de paille : Disponibilité théoriquement supérieure aux besoins

Francçois d'Alteroche

Vu l'importance des surfaces en céréales, les quantités de paille disponibles sont théoriquement supérieures aux besoins. Toutes ces surfaces sont cependant loin d'être récoltées.

Vu l'importance des surfaces occupées par les céréales à paille sur le territoire français, la « ferme France » est théoriquement en mesure de récolter de grandes quantités de paille. D'après des données diffusées par Arvalis, et même si ces chiffres peuvent évoluer compte tenu des données météorologiques, la production française de paille coupée est, bon an, mal an, évaluée à 25,5 millions de tonnes soit à peu près le double de l'estimation des besoins nécessaires à la confection des litières (12,1 millions de tonnes en 2008). Des quantités qui seront en forte baisse cette année. « Mais ce volume n'est pas intégralement récoltable. En effet, l'enfouissement d'une partie des pailles est nécessaire au maintien de la fertilité des sols », explique une note récente du ministère de l'Agriculture. Par ailleurs, la production de paille est loin d'être uniformément répartie sur l'ensemble du territoire. « Le tiers de la production est assuré par les régions Centre, Picardie et Champagne-Ardenne, tandis que le Sud de la France, à l'exception de la région Midi-Pyrénées ne contribue presque pas à la production de paille. »
La confection des litières est de loin le premier mode d'utilisation de la paille récoltée sur le territoire français. D'après cette même enquête réalisée par les services statistiques du ministère de l'Agriculture, l'utilisation de la paille pour la litière des bovins, ovins, caprins, porcins et volailles s'élèverait à 12,1 millions de tonnes en 2008 dont près de 80 % (9 557 000 tonnes) seraient utilisés dans des élevages bovins, qu'ils soient laitiers ou allaitants.
Ces chiffres ont été estimés à partir des données des enquêtes bâtiments d'élevages ovin, porcin, caprin et bovin de 2008 et de l'enquête aviculture de la même année.

Source : Agreste et GIE Arvalis / Onidol.

Source : Agreste et GIE Arvalis / Onidol.

Produite ici, consommée là-bas

Mais la consommation de paille pour les litières épouse malheureusement assez mal les régions où elle est abondamment disponible. Elle correspond sans surprise à toutes les zones à forte densité d'élevage. Cela concerne tout le Grand-Ouest de la France, mais également toutes les régions à forte densité bovine et en particulier celles où l'effort de modernisation des bâtiments d'élevage et de mise aux normes s'est traduit par la construction de nombreuses stabulations libres.
Même si ce chiffre n'a pas pu être rapporté dans cette enquête, car impossible à chiffrer, la proportion des surfaces occupées par les céréales dont la paille a été pressée puis récoltée après la moisson varie de façon très importante suivant les régions avec le rôle-clé de la plus ou moins grande proximité entre les zones à dominante céréalière et celles davantage consacrées à l'élevage. Il est évident que les éleveurs utilisent dans la plupart des cas toute la paille issue de leurs propres parcelles en céréales.

En revanche, dans les zones presque exclusivement céréalières, une forte proportion des pailles sont enfouies après la moisson de façon à réduire les exportations de matières fertilisantes et maintenir un bilan humique correct à l'échelle de la rotation. Production et consommation de paille sont donc loin d'être uniformément répartis sur le territoire français. Si l'on prend en compte uniquement la paille coupée et non la paille récoltée, certaines régions disposent d'une production très proche de leurs besoins (en année « normale »). C'est le cas de l'Auvergne ou de Provence-Alpes-Côtes d'Azur. D'autres régions ont en revanche une production inférieure à leurs besoins (Limousin, Franche-Comté…). « Ainsi, les régions déficitaires doivent se procurer de la paille auprès de régions excédentaires. »
Même en année climatique « normale » ces transferts de paille représentent un budget conséquent régulièrement renchéri avec la hausse du coût du transport. En années sèches, les sommes engagées deviennent vite déraisonnables et peuvent mettre en péril le devenir de nombre d'exploitations.
Mais peut-il en être autrement quand le choix a été fait d'investir dans un bâtiment gourmand en paille sans disposer de suffisamment de surfaces en céréales pour s'assurer d'un minimum d'autonomie pour ce sous-produit.

Compte tenu de l'éloignement des zones de production et de consommation, la hausse du coût du transport a contribué à renchérir le prix de la paille ces dernières années. (V. Marmuse)

Compte tenu de l'éloignement des zones de production et de consommation, la hausse du coût du transport a contribué à renchérir le prix de la paille ces dernières années. (V. Marmuse)

 

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Bovins Viande de juin 2011. (RBV n°183, p. 16 à 26)

Source Réussir Bovins Viande Juin 2011

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