Reconversion du site Total de La Mède : Les producteurs de colza s'inquiètent

SC

Reconversion du site Total de La Mède : Les producteurs de colza s'inquiètent
La perte de surface de colza est évaluée à 400.000 hectares

Les producteurs de colza s’inquiètent d’un projet de reconversion de la raffinerie de La Mède, près de Marseille, en une unité de production de biocarburants. En effet, le site fonctionnera avec de l’huile de palme importée et non pas avec du colza produit en France.

L’huile de palme, non produite en France, serait nécessairement importée et remplacerait ainsi l’huile de colza produite en France. L’ambition du groupe pétrolier, présentée jeudi 16 avril, est de faire de ce site le plus important centre de production de biocarburants en France.

Pour la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP), ce projet « pourrait avoir des conséquences désastreuses à la fois pour les producteurs français de colza t pour la filière française du biodiesel dans son ensemble», précise-t-elle dans un communiqué.

La perte de surface de colza est évaluée à  400.000 hectares (- 27 %). La production nationale de tourteaux de colza, coproduits de la production de biodiesel servant à l’alimentation animale, serait également  impactée.  « Pour nourrir leurs animaux, les éleveurs français n’auraient alors d’autre choix que de compenser la production locale de tourteaux de colza par 500.000 tonnes de soja OGM en provenance du continent américain », précise la fédération..
 
 La reconversion de La Mède et les volumes annoncés (500.000 tonnes par an) menaceraient, d’après la FOP, l’avenir de la filière dans son ensemble. Cette dernière représente près de 20.000 emplois répartis sur tout le territoire, et contribue à hauteur de 2 milliards d’euros au PIB national. Elle permettrait également une économie d’importation de diesel et de tourteaux pour l’alimentation animale de l’ordre d’1,5 milliard d’euros (source : étude PwC, 2013).

Cette annonce tombe alors que les acteurs de la filière sortent d’une phase de restructuration pour adapter leur capacité aux besoins du marché. Le groupe Avril (ex-Sofiproteol) a ainsi été contraint, fin 2013, de fermer les unités de production de Cappelle-la-Grande (Nord) et de Venette (Oise), ainsi que l’usine de trituration Saipol de ce même site.

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier