Russie : coup de frein sur les exportations de céréales

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Russie : coup de frein sur les exportations de céréales

Les principaux exportateurs agricoles de Russie, l'un des premiers fournisseurs agricoles de la planète, ont décidé de cesser leurs achats de céréales, espérant ainsi enrayer la flambée des prix du blé dans le pays, causée par la chute du rouble. Le Gouvernement annonce également qu'il va d'introduire des barrières douanières pour limiter les exportations de céréales

Le gouvernement russe a annoncé lundi l'introduction prochaine de barrières douanières pour réduire les exportations de céréales, espérant ainsi augmenter la demande et faire baisser les prix sur le marché intérieur, dopés par la chute du rouble. Cette mesure va être mise au point et présentée au Premier ministre Dmitri Medvedev sous 24 heures, a indiqué le vice-Premier ministre Arkadi Dvokovitch, cité par les agences russes lors d'une réunion gouvernementale.

Dans une déclaration, vendredi dernier, l'Association nationale des exportateurs agricoles expliquait que les principaux exportateurs agricoles de Russie avaient décidé de cesser leurs achats de céréales et que cette décision s'appliquerait "tant que la situation concernant la disponibilité des céréales et leurs prix ne sera pas stabilisée". Ils appelaient les exportateurs qui ne seraient pas membres de leur fédération à appliquer la même politique.

La Russie, traditionnellement le troisième exportateur mondial de céréales, se trouve confrontée à une situation paradoxale. Sa récolte a été cette année l'une des plus abondantes de son histoire avec 104 millions de tonnes. Pourtant, les prix flambent du fait de la chute du rouble. Les cours sur les marchés agricoles internationaux sont en effet établis en dollars et les exportateurs ont donc intérêt à vendre à l'étranger plutôt qu'en Russie.

Les marchés s'inquiètent donc d'un possible embargo sur les exportations russes décrété par Moscou pour alimenter suffisamment abondamment son marché intérieur, comme elle l'avait fait en 2010 après une mauvaise récolte.

Le blé français bien placé pour remplacer le blé russe

En début de semaine, le ministre de l'Agriculture Nikolaï Fedorov a rejeté cette hypothèse. Mais dans les faits, les exportations ont connu un brusque coup de frein ces derniers jours.

Selon la presse russe, les autorités compétentes ne délivrent plus qu'au compte-goutte les certificats sanitaires nécessaires aux exportations, sans raison officielle. Par ailleurs, la société nationale de chemins de fer a informé les exportateurs qu'elle limitait le transport de céréales, invoquant un cas de force majeure non expliqué.

Ces deux faits ont été interprétés par les analystes comme une manière déguisée de freiner les exportations.

Dans son analyse d’aujourd’hui, dans le Service Expert grandes Cultures de Pleinchamp, Agritel estime que « c’est le blé européen qui pour des raisons de prix et de proximité se trouve le mieux placé pour remplacer une majorité des  5 à 7 Mt de blés russes qui pourraient ne pas être exportées d’ici à la fin de campagne ». Le blé français, aux disponibilités record, pourrait donc tirer son épingle du jeu du frein des exportations russes !

Source AFP/AGRITEL

Publié par SC

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