Sofiprotéol va fermer deux usines de biocarburants

Sofiprotéol va fermer deux usines de biocarburants
Le biodiesel est obtenu à partir d'huile végétale ou animale transformée par un procédé chimique (DR)

Sofiprotéol annonce la fermeture de deux usines en France, afin de s'adapter à la réduction de 10 à 7% de l'objectif hexagonal d'incorporation en 2020 des biocarburants dans l'essence et le diesel routiers.

Ce projet prévoit la fermeture de deux unités de production de biodiesel, représentant une capacité de production de 380.000 tonnes et d'une unité de trituration, ainsi que la fusion en juin 2014 de ses filiales Diester Industrie et Saipol, détaille le groupe  dans un communiqué. Sofiprotéol compte actuellement sept* usines de biodiesel en France.

Les sites Diester Industrie Flandre (DIF) de Cappelle-la-Grande (Nord) et celui de Saipol à Venette (Oise) seront fermés fin 2013. L'actuelle unité d'estérification de Novance à Venette va être reconvertie dans la production d'ester méthylique d'huiles animales et usagées.

Les 81 emplois concernés par cette réorganisation se verront proposer un autre poste au sein de l'entreprise, assure Sofiprotéol. Cette restructuration s'inscrit dans le plan Cap 2018 de Sofiprotéol qui vise à augmenter de 30% son chiffre d'affaires d'ici 2018.

Les investissements réalisés par le groupe dans le biodiesel reposaient sur la base de l'objectif européen de 10% d'incorporation d'énergie renouvelable dans les transports. Or, au niveau national, une pause de 7% a été décidée et au niveau européen un projet de plafonnement à 5% pour les biocarburants de 1ère génération est en discussion, ce qui impose "l'amélioration de la compétitivité" des activités biodiesel, justifie le groupe, propriétaire des huiles Lesieur.

Importante bataille à Bruxelles

Le groupe menace de fermer une à deux  usines supplémentaires en France si l'Union européenne donne un nouveau tour de vis aux agrocarburants de première génération,  avertit également son directeur général, Jean-Philippe Puig.

Les biocarburants   de première génération font actuellement l'objet d'une importante bataille à Bruxelles.  Leurs opposants, qui veulent ramener l'objectif à 5%, font valoir que ces carburants obtenus à partir de ressources agricoles (betterave, colza, céréales, etc.) contribuent à la baisse de la production agricole  et à la flambée des cours, annulant de fait leurs avantages en termes d'émissions de CO2 par rapport aux carburants fossiles.

Les producteurs, qui dénoncent une surestimation de ce facteur indirect dit "Casi" (changement d'affectation des sols indirects), tentent de limiter le tour de vis.  Pour compenser, Bruxelles veut accélérer l'émergence des biocarburants dits de deuxième génération, qui n'utilisent pas de ressources comestibles: bois, paille, etc. "Mais comment voulez-vous justifier les investissements encore plus lourds dans les agrocarburants de deuxième génération sachant que pour la première on a été obligé de fermer des unités ouvertes il y a peu?" a souligné M. Puig.

D'importantes dépenses en recherche et développement sur plusieurs années sont en outre nécessaires pour rendre ces nouveaux carburants compétitifs, relèvent les industriels.

La décision finale de Bruxelles devrait intervenir avant la fin de l'année.

*Les autres sites  sont situés à Grand-Couronne (Seine-Maritime) près de Rouen, à Montoir (Loire-Atlantique) 
près de Saint-Nazaire, à Bassens (Gironde) près de Bordeaux, à Sète (Hérault) et au Mériot (Aube).

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