Sucre : Une production française hétérogène dans une conjoncture de prix déprimée

Conseil National CERFRANCE

Sucre : Une production française hétérogène dans une conjoncture de prix déprimée

Le grand écart dans la productivité des betteraves sucrières 

Les conditions climatiques particulières du printemps ont conduit à un retard de végétation qui, dans la plupart des situations, n’a jamais été comblé. Dans les terres blanches en particulier (non irriguées), où le démarrage de végétation est toujours lent, les conditions chaudes et sèches du printemps n’ont fait qu’accentuer ce retard végétatif et les premiers résultats sont très décevants. Les premiers échos de la récolte font état de rendements oscillants entre 50 (voire 40) tonnes par ha (en sec) et 100 /110 tonnes par ha dans les zones au sud de la Seine ayant bénéficié de l’irrigation. D’importantes variations de rendement selon le contexte pédoclimatique local caractérisent l’année 2015. 

Des prévisions de prix toujours pessimistes dans la perspective de la fin des quotas 

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Dans sa première estimation du bilan sucrier mondial 2015/2016, l’Organisation Internationale du Sucre (ISO) prévoit un déficit d’environ 2,5 MT de sucre. Ce déficit intervient après une succession de 5 années excédentaires (graphique 1) ayant constitué un stock mondial record de 25 MT. Dans ces conditions, il y a peu d’espoir de voir les prix mondiaux se redresser nettement, même si, après une glissade régulière depuis un an, un léger sursaut a pu être constaté en septembre. 

En Europe la tendance baissière est encore plus marquée (graphique 2 au dos), puisque les cours des années 2011 à 2013 ont été maintenus à des niveaux particulièrement élevés en raison d’une demande active. Les suppléments de prix perçus par les producteurs dans le cadre de « l’article 31 » ne sont plus à l’ordre du jour…

Pour faire face à la demande mondiale croissante d’éthanol, la production mondiale augmenterait d’environ 4 %. Mais, à l’inverse, la production européenne devrait diminuer : hésitation de la Commission Européenne, conjoncture économique difficile, baisse du prix du pétrole et augmentation des importations d’éthanol malgré l’évolution €/$ contribuent à la fermeture de plusieurs usines. 

À suivre… 

Au cours des prochaines semaines, il faudra suivre les conditions climatiques actuellement défavorables :

• au Brésil qui, par ailleurs, maintient une forte pression sur les cours suite à la dévaluation du real.

• en Inde qui pourrait redevenir exportatrice.

Le phénomène climatique El Nino, dont certains météorologistes prédisent un épisode fort, pourrait redonner quelques couleurs au marché, mais celui-ci devrait rester déprimé encore plusieurs mois.

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Source : CERFRANCE : Thierry Lemaître - veille économique agricole - lettre n° 43 - 2015

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