tats-Unis : Le blé perd du terrain dans les plaines américaines

Gabriel Omnès

Le blé décroche dans la course aux hectares face au maïs et au soja, plus compétitifs. Les partisans des OGM voient dans cette technologie la seule voie pour remettre en selle la céréale à paille.

La Wheat belt va-t-elle devoir changer de nom ? Le blé n'a plus la cote dans les grandes plaines américaines, comme en témoigne le recul continu des surfaces depuis le milieu des années 90. La fièvre qui s'était emparée des marchés mondiaux en 2007 et en 2008 avait interrompu la chute. Las ! Le 31 mars, une publication du département américain de l'Agriculture (USDA) dévoilait une reprise de la baisse pour la sole de blé outre-Atlantique. Celle-ci perdrait deux millions d'hectares par rapport à l'an passé.
Peu avant, dans un rapport présentant ses projections agricoles sur dix ans, l'USDA mettait en garde « un secteur du blé américain confronté à des défis pour sa compétitivité à long terme », cette dernière ayant « décliné comparativement aux autres cultures, en particulier au soja et au maïs ». Pour Bob Bowman, de l'Association américaine des producteurs de maïs, « les entreprises semencières ne veulent pas dépenser d'argent dans le blé. Les rendements n'ont donc pas autant augmenté qu'en maïs et soja, ce qui explique que cette culture est devenue moins rentable. »

Surfaces semées en blé, soja et maïs aux Etats-Unis. (USDA)

Surfaces semées en blé, soja et maïs aux Etats-Unis. (USDA)

Rendement au point mort

Les dollars – publics comme privés – affluent pour les laboratoires qui mettent au point les variétés de maïs et de soja de demain, appelées à alimenter une demande croissante pour les biocarburants. Le blé n'a pas cette chance.
Plus grave encore aux yeux des semenciers, il reste exclu de la course lucrative aux biotechnologies, et offre un retour sur investissement bien moins attractif. Sur le terrain, cette désaffection de la recherche fige le rendement moyen du blé sous la barre des 30 quintaux à l'hectare. Pour les farmers, très réactifs aux évolutions du marché et des coûts de production, les arbitrages sont clairs.
À l'échelle nationale, le blé a ainsi perdu 30 % de ses surfaces en moins de trente ans, laissant le maïs et le soja loin devant se disputer les hectares au printemps. La perte de vitesse n'a pas épargné les zones de cultures traditionnelles au coeur de la Wheat belt. « Au début des années 80, le blé couvrait 80 % à 90 % des surfaces totales en blé, maïs et soja dans le Kansas et le Dakota du Nord, deux des principaux États producteurs de blé. Cette part a chuté à 57 %-62 % ces dernières années », constate l'USDA. Les partisans du blé transgénique comptent bien tirer profit de ce contexte, martelant que « l'avenir du blé passe par les OGM ».

« L'heure biotech arrive »

Un récent sondage commandé par la filière montre que les trois quarts des producteurs américains partagent désormais cet avis, et comptent sur cette nouvelle génération de variétés pour leur apporter des avantages agronomiques qui pourraient remettre le blé en selle. L'interprofession, via l'Américain Wheat Associates, se dit convaincue que « l'heure du blé biotech arrive », et réclame « des systèmes de régulation fonctionnels et une tolérance raisonnable dans les pays importateurs quand ce jour viendra ». En 2004, c'est la crainte de voir les exportations s'effondrer qui avait poussé Monsanto à renoncer à la commercialisation de son blé OGM.

Source Réussir Céréales Grandes Cultures Mai 2009

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