Tereos franchit les 5 milliards de chiffre d’affaires

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Tereos franchit  les 5 milliards de chiffre d’affaires
L'excercice s'est déroulé dans un environnement favorable avec des rendements betteraviers record (photo Elodie Saint-Marc)

Grâce à des rendements betteraves record et à des cours du sucre élevés, le groupe coopératif français Tereos voit, sur son dernier exercice, son chiffre d’affaires progresser de 14% et dépasser pour la première fois les 5 milliards d’euros.

40 sites de production et 26.000 salariés

Tereos, dont le siège est à Lille, est la deuxième plus grande coopérative agricole de France, derrière InVivo. Les activités du groupe reposent sur l’exploitation de trois grandes matières premières végétales : la betterave à sucre (43% du CA), les céréales (34%) et la canne à sucre (23%). Le groupe, qui travaille avec 12.000 coopérateurs betteraviers et 40.000 céréaliers associés en France,  se présente comme le 4e producteur mondial du sucre, le troisième européen d’amidon et le premier d'alcool-éthanol en Europe. En 2012, Tereos compte 40 sites de production et 26.000 salariés dans le monde.

Un chiffre d’affaires en hausse de 14%, un résultat net (après complément de prix) qui atteint les 313 milliards, un ratio d’endettement en baisse... Tereos, producteur de sucre et de produits sucrants, a présenté à la presse jeudi dernier un résultat 2011/2012 en forte progression.  "La campagne betteravière 2011/2012 a été excellente avec des rendements à 96 tonnes par hectare en France", explique Thierry Lecomte, président du conseil de surveillance. Le groupe a également bénéficié de cours mondiaux du sucre élevés cette année. Des bons résultats qui ont permis de redistribuer 110 millions d'euros de compléments de prix et de dividendes aux associés coopérateurs (contre 74M€ en 2010/2011).

Cette croissance des résultats est aussi le fruit d’une stratégie de long terme du groupe coopératif qui a mené une importante restructuration industrielle à l’issue de la réforme sucre de 2006 et qui ne cesse d’accroitre son portefeuille produits et de se développer à l’international, explique Alexis Duval, président du directoire.

Implantation en Chine et en Roumanie

Tereos est maintenant présent en république Tchèque, au Brésil, dans l’Océan indien et a mis un pied en Chine en 2012. En partenariat avec Wilmar, premier groupe agroalimentaire asiatique, Tereos a démarré  la construction d’une usine d’amidonnerie  dans le sud du pays. L'usine devrait être opérationnelle au premier semestre 2014. "On va y transformer 500.000 tonnes de céréales en glucose, amidon, isoglucose et produire de l'alcool de grains, dont  les Chinois sont très friands", explique Pierre-Christophe Duprat, directeur de la division transformation des céréales. En 2012, la groupe a également racheté la sucrerie de Ludus en Roumanie et a fait l’acquisition d’une distillerie en république Tchèque. 

En France, l’heure est à la diversification des produits avec le lancement (avec Dupont) de  la première unité mondiale de bétaïne à partir de vinasse de betteraves, l’acquisition d’une féculerie à Haussimont et le démarrage de la production de gluten sur le site de Lillebonne. 

Pour la reconduction  régime sucre européen jusqu’en 2020

Concernant la production d’éthanol, Alexis Duval a rappelé que le groupe avait investi 400.000 euros dans cette activité et a regretté le souhait de l’UE de ramener son objectif d'incorporation d'éthanol dans les carburants d’ici 2020 de 10 % à 5 % , et celui de  la France de baisser son  objectif de 7%. « On ne change pas les règles en cours de route », explique-t-il en souhaitant que la commission européenne adopte une position intermédiaire de 7% d’incorporation. Un taux qui permettrait, selon lui,  de saturer les usines européennes existantes.  

Alexis Duval s’est également prononcé pour la reconduction du régime sucrier européen jusqu’en 2020, "nous considérons qu’il ne faut pas  modifier les règles du jeu trop souvent. Nous avons fait des efforts de restructuration mais nous sommes sur des cycles industriels longs et avons besoin de continuité. Il ne faut pas changer ce qui donne satisfaction", a expliqué Alexis Duval.

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