Terres agricoles : la hausse des prix ralentit et atteint 5.910 euros/ha

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Terres agricoles : la hausse des prix ralentit et atteint 5.910 euros/ha
Depuis 1997, le prix des terres et prés libres non bâtis a augmenté de plus de 50%. (DR)

Dans un marché foncier rural globalement déprimé, seul le marché des terres agricoles connait un regain d’activité en 2014. Ainsi, même si la croissance du prix des terres et prés libres non bâtis ralentit, leur prix moyen atteint 5.910 euros /ha, soit une hausse de près de 3%.

évolution prix des terres

D’après les derniers chiffres dévoilés par la FNSAfer, le prix des terres et prés libres s’établit en 2014 à 5.910, euros/ha, soit une hausse de 2,9% par rapport à 2013. La progression est moins marquée qu’en 2013 (+6,2%) mais « s’inscrit dans la tendance de hausse continue de la valeur des terres agricoles observée depuis 1997 », précise la FNSafer dans son dernier rapport. En 2014, l’augmentation est essentiellement liée à la baisse des taux d’intérêt mais tempérée par la baisse des revenus des agriculteurs.

Le prix des terres et prés loués, dans un volume de marché stable par rapport à 2013, continue de progresser avec régularité (+4%, à 4.410 euros/ha).

Grandes cultures: 6.810 euros/ha / Prairies: 4.390 euros/ha

prix des terres par Otex

La hiérarchie des prix entre les différents systèmes de production reste inchangée : le prix consenti en zone de grandes cultures s’établit en moyenne à 6.810 euros/ha, soit 14% au-dessus du prix moyen. Quant aux terres des zones de polyculture-élevage, elles s’adjugent à 5.600 euros/ha, soit 7% en dessous de la moyenne. En bas de l’échelle, le prix des terres et prés en zone d’élevage bovin atteint 4.390 euros/ha, soit 27 % en dessous du prix moyen !

En vigne, on assiste à une nouvelle hausse qui atteint 5% pour les vignes hors AOP (12.700 euros/ha en moyenne) et 3,6% pour les AOP (136.400 euros /ha et 61.300 €/ha hors champagne).Des vignes AOP portées par l’amélioration des revenus en Champagne où les prix négociés battent de nouveaux records.

La variabilité entre les régions reste également très importante. Dans certaines d’entre elles, le prix des terres progresse de 8% ou plus (Alsace, Franche-Comté, Ile-de-France, Limousin, Poitou-Charentes et Rhône-Alpes); dans d’autres, il marque une baisse plus ou moins nette (Auvergne, Bourgogne, Centre, Lorraine, Haute-Normandie et Provence-Alpes-Côte d’Azur)

Les zones géographiques où les valeurs foncières sont les plus fortes restent le Bassin parisien, zone de grands cultures, le pourtour méditerranéen et la vallée du Rhône du fait de la présence de cultures à très forte valeur ajoutée et de la forte pression urbaine. C'est en France-Comté que la terre reste la moins chère.

Les agriculteurs achètent plus chers que les autres

« Depuis 2012, les agriculteurs reprennent la main, les prix des terres et prés libre pratiqués par les agriculteurs sont maintenant supérieurs à ceux adjugés aux non agriculteurs » remarque Robert Levesque, directeur de Terres d'Europe-Scafr.

A noter toutefois que les personnes morales agricoles (sociétés d’exploitation et de portage) augmentent leur poids sur le marché foncier  agricole au détriment des personnes physiques.  En 2014, elles captent ainsi 14% du marché en surface et 27% en valeur.  « De nombreux apporteurs de capitaux s’intéressent aujourd’hui au foncier agricole, c’est un point positif pour aider les candidats à l'installation ou pour les agriculteurs en difficultés, obligés de vendre leur terrain mais qui peuvent ainsi rester exploitant » commente  Emmanuel Hyest, président de la FNSafer.

Un président qui s’inquiète toutefois de la financiarisation du foncier rural et de la consommation, toujours excessive, des surfaces agricoles. Il craint, si la reprise économique est effective, qu’elle ne se fasse au détriment des meilleurs terres agricoles.

prix des terres

 

 

 

 

 

 

 

 

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