[Vidéo] Avis d'expert : Faut-il être inquiet pour les cultures de maïs ?

Anne Sophie LESAGE

[Vidéo] Avis d'expert : Faut-il être inquiet pour les cultures de maïs ?

Entre les fortes chaleurs et l'absence de pluie du mois dernier ; faut-il être inquiet concernant l'état des cultures ? Comment se porte le maïs français ? Et dans les autres bassins de production ? Eléments de réponse avec Xavier Cassedanne, Expert fillières Grandes Cultures, Crédit Agricole SA.

 

Faut-il être inquiet concernant l'état des cultures ?

X.C. : " Les premiers résultats des récoltes de céréales à paille (blé tendre, blé dur, orge d’hiver et orge de printemps), en France sont plutôt bons voire très bons, voire surprenants par rapport à ce que l’on pressentait il y a encore 15 jours. Les niveaux de rendements sont satisfaisants et les qualités à priori meilleures que lors de la récolte 2014. Les inquiétudes liées au fort coup de chaleur se sont finalement très vite estompées. Attendons tout de même les résultats des récoltes qui sont en cours actuellement dans le Nord de la France.

On note par contre des inquiétudes sur la culture du maïs."

 

Quel est l’Etat des cultures de maïs en France?

X.C. : "La sécheresse qui sévit depuis maintenant 3 mois cumulée au stress thermique lié aux récentes températures caniculaires durables agit défavorablement sur le maïs car à cette période il est en phase de floraison. Les restrictions d’eaux partielles, viennent également alourdir encore un peu plus la situation dans certaines régions. Autant d’éléments qui peuvent impacter le potentiel de rendement. Les principales régions concernées par cette situation critique sont la partie Est de la France notamment l’Alsace, la Bourgogne, la Franche-Comté, le nord de la région Rhône Alpes, en particulier là où les terres ont des sols peu profonds et ne sont pas dotées d’irrigation. Selon l’Association des producteurs de maïs, le risque de perte de rendement est actuellement estimé à (-50%) pour les zones non irriguées et (– 30%) en zones irriguées.

Certaines parcelles sont mêmes en train de jaunir avant la mise en place des épis mais cela reste très localisé.

Ce problème de sécheresse concerne également la production de fourrage notamment du maïs fourrage. On parle de plus en plus de transferts de maïs grains à destination des éleveurs pour combler ce manque d’aliments pour leurs animaux."

 

Et dans les autres bassins de production ?

X.C. : "Ce stress hydrique et thermique concerne d’autres pays européens comme l’Allemagne, la Pologne mais aussi l’Espagne et l’Italie. Les prévisions de récoltes au niveau européen sont estimées à la baisse par « stratégie grains » (66,7 millions de tonnes contre 75.7 millions de tonnes en 2014). Pour le moment peu d’inquiétude pour les pays de la mer Noire notamment en Roumanie et en Ukraine.

Par contre les nouvelles sont bien plus rassurantes aux USA avec le retour de bonnes conditions climatiques sur la Corn belt et comme le marché mondial du maïs est très dépendant de la situation de cette zone (il faut rappeler que les USA sont le 1erproducteur de maïs et 1er exportateur dans le monde), les prévisions de productions sont en cours d’être revues à la hausse ce qui laisse pour le moment peu d’espoir pour influencer une tendance haussière des prix malgré la hausse perçue il y a 2 semaines qui a duré finalement peu de jours en raison de ces meilleures conditions climatiques."

 

Est-ce que ce constat d’inquiétude est définitif ?

X.C. : "On ne peut pas encore tirer de conclusions hâtives tant que ce n’est pas récolté. On peut toujours avoir des surprises, la preuve avec ce que nous venons de vivre avec les 1ers résultats de la récolte des céréales à paille qui ont contredit les prévisions en très peu de temps. On devrait en savoir un peu plus après la période estivale." 

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Commentaires 3

ahbon

y a pas de primes à la culture iriguée et en plus il y a des taxes sur les volumes consommés: informés vous au lieu de relayer les rengaines ecolo ...

Dan

Cela s'appelle de la pure mauvaise foi !!!

Doudida

Pas d inquiétude pour ceux qui ont eu l'irrigation archi subventionne plus les primes à la culture irriguée, les poches sont pleine

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