Vidéo : C’est la chenille qui redémarre la moisson !

Agriculteur Normand (L') - SAECNO (14 50 61)

1 200 tonnes C’est le tonnage de maïs grain collecté par Agrial autour d’Isigny-sur-Mer.  En année normale, seules 2 à 300 tonnes sont récoltées sur le secteur.
La moissonneuse batteuse à chenilles a travaillé 150 heures dans le Bessin. (DR)

La saison de battage de maïs se prolonge dans le secteur d’Isigny-sur-Mer. Seule solution pour récolter : une moissonneuse-batteuse montée sur chenille. L’équipement est rare. L’entrepreneur est venu de la Manche pour récolter les derniers hectares de maïs encore sur pied.

Les chenilles : un investissement onéreux

Il y a 17 ans, Marcel Touchet a acheté sa paire de chenilles entre 20 et 25 000 €. Un bon placement en année humide, l’inflation est galopante. Didier Cairon, président des Entrepreneurs des Territoires de Normandie se montrait prudent sur l’amortissement de cet équipement. “La semaine dernière, un collègue me disait qu’une paire de chenilles neuves en 900 mm lui étaient proposée à 48 000 € en début de saison. 15 jours après, on lui demandait 64 000 €”, raconte le président. Dans ces conditions, Didier Cairon prône l’entraide… “Une année humide ne justifie pas l’investissement. Même si vis-à-vis de ses clients, un entrepreneur ne peut pas laisser le maïs dans le champ. Je pense donc que les entrepreneurs doivent savoir se partager le travail et les marchés. On laisse une entreprise investir et ensuite on se passe les adresses où récolter. C’est ce qui s’est passé avec Marcel Touchet qui vient de la Manche”.

Un équipement utilisé tous les 10 ans

26 décembre. Entre les deux réveillons, le maïs n’est pas à la fête. “Nous avions semé 16 hectares de maïs ensilage. Nous n’en avons récolté que 10 hectares. Nous n’avions jamais fait de grain. C’est une première subie. On essaie de sauver ce qu’on peut”, explique Pascal Gancel, un des associés du GAEC du Grand Bosc.
Dans leur secteur de Neuilly-la-Forêt, l’ensilage s’est terminé tardivement, le 22 novembre. “Normalement, nous terminons fin octobre”, précise Pascal Gancel. Les terres de l’exploitation situées en zone marécageuse sont traditionnellement toujours humides.  Mais le recours à une batteuse équipée de chenilles est une première. “On a vu la machine passer sur la route, nous l’avons donc suivi. C’était son premier jour dans le secteur. Nous avons donc profité de cette occasion. Les chenilles semblent la seule solution pour récolter”, explique l’agriculteur.

A conditions exceptionnelles, équipement exceptionnels et déplacements exceptionnels. Les entrepreneurs en capacité de récolter dans les zones humides. Outre le GAEC du Grand Boscq, plusieurs exploitations du secteur d’Isigny-sur-Mer se sont tournées vers Marcel Touchet. L’entrepreneur est normalement basé dans la Manche et rayonne notamment dans le secteur d’Avranches et de Pontorson. Pour ces chantiers boueux, il utilise une moissonneuse-batteuse New HollandTX34, acquise en 1995. “Elle affiche une puissance de 205 chevaux. Nous l’avons équipée de chenilles dans la foulée. Chez nous dans les marais autour du Mont-Saint-Michel, nous avons pu apprécier les capacités de cette machine dans des terrains difficiles”.

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150 heures de chenilles dans le Bessin

L’entrepreneur dispose de chenilles, mais leur montage s’avère finalement rare. “En général, nous les utilisons tous les 10 ans. Donc, c’est un investissement important pas toujours évident à amortir. La dernière utilisation des chenilles remonte à 2002”. Cette année, les chenilles tourneront 150 heures dans le Bessin. Soit 150 à 200 hectares de maïs. Mais de mémoire d’entrepreneur, la “saison 2012 du maïs” ne détient pas le record de longévité. “Au début des années 2000, nous avons récolté jusqu’au 20 janvier. J’avais récolté 60 % des surfaces de mes clients avec les chenilles”, se souvient Marcel Touchet.
Le 26 décembre, l’entrepreneur n’a pas encore remisé sa machine. Deux à trois jours de chantiers étaient encore nécessaires. Reste à connaître la rentabilité des derniers maïs battus. Elle sera sans doute faible. Les derniers grains, arrivés au pont de collecte d’Agrial d’Isigny-sur-Mer, affichaient 47 % d’humidité et un taux d’impureté supérieur à 5 %. Des chiffres à relier au coût du chantier : 250 € de l’heure.

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