[Vidéo] Campagne 2014/2015 : Les stocks de blé français vont s’alourdir

Sophie Caron & Anne Sophie Lesage

[Vidéo] Campagne 2014/2015 : Les stocks de blé français vont s’alourdir

La récolte 2014 de blé tendre français s’annonce abondante d’après FranceAgrimer. En termes de commercialisation, l’Office table sur une baisse des exportations du fait des problèmes qualitatifs rencontrés. Les stocks de fin de campagne risquent donc d’être lourds et de peser sur les prix.

  

3,9 Mt, c’est la quantité de blé tendre français qui pourrait rester dans les silos en fin de campagne 2014/2015, selon les premières estimations dévoilées mercredi 10 septembre par l’Office ministériel FranceAgriMer. Un chiffre beaucoup plus lourd que celui de l’an passé puisque les stocks 2013/2014  se sont clôturés à 2,3 Mt.

La récolte 2014 de blé tendre est en effet abondante, évaluée à 37,5 Mt avec un rendement de 74,9 q/ha, supérieur de 2,1 q/ha à la moyenne précédente.

La qualité, elle, n’est pas toujours au rendez-vous, comme le confirme l’enquête effectuée conjointement par Arvalis et FranceAgrimer. Une partie des blés français ne répondra donc pas aux cahiers des charges de certains clients pays tiers, notamment de l’Algérie ou d’Egypte, ce qui amène l’Office à réviser à la baisse les quantités de blés français qui seront exportées.

Les exportations vers pays tiers en baisse

Les exportations (hors UE) sont aujourd’hui prévues à 8 Mt, loin du chiffre record de 12,2 Mt atteint l’an passé. « Ce n’est pas tant la qualité de nos blés qui est en cause qu’un problème de verrou au niveau des exigences des cahiers des charges » précise Olivia Le Lamer, chef de l’unité grandes cultures à FranceAgriMer. Elle estime d’ailleurs que ce chiffre n’est pas « alarmant ». Le rythme des exportations reste en effet acceptable en ce début de campagne avec 1,17 million de tonnes de blé déjà embarqués.

Au niveau des importations, FranceAgrimer ne table pas sur une hausse importante des entrées de blés meuniers, un scénario parfois évoqué pour améliorer la qualité globale de nos blés. « La hausse ne sera pas très sensible, on ne croit pas à ce scénario », précise-t-elle.

Baisse des prix payés à l’agriculteur

Ce stock de report important risque de peser sur les cours. Un chiffre qu’il faut toutefois prendre avec précaution car nous ne sommes qu’en tout début de campagne. Les prix bas des blés français pourraient notamment nous ouvrir de nouveaux marchés. « Ça se jouera aussi en terme de prix » précise Olivia Le Lamer. D’autant que l’Ukraine et les autres producteurs de la Mer Noire et d’Europe ont été confrontés aux mêmes problèmes climatiques.

« Le marché ce n’est pas le plus grand souci. Chacun trouvera un débouché à ses blés. Le problème c’est le prix payé à l’agriculteur », résume de son côté Rémi Haquin, président du Conseil spécialisé pour la filière céréalière. En effet, si les prix du blé risquent de rester bas du fait d’une grande disponibilité, les agriculteurs craignent également de devoir supporter les coûts technologiques engendrés par les OS pour améliorer la qualité de la récolte (séchage, nettoyage, tri des grains...). Sans compter les blés meuniers qui seront déclassés en blé fourrager, soit une perte évaluée aujourd’hui à 30 euros la tonne.

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