[Video] La FNSEA et les écologistes critiquent l’accord européen sur les OGM

S C

Les produits de la récolte des varités trangéniques  circuleront librement dans tout l'UE (DR)

La Commission vient d’annoncer sa volonté de redonner aux États-membres leur liberté quant à l’autorisation, ou non, des OGM sur leur territoire. Les réactions des syndicats agricoles et des associations environnementales n’ont pas tardé. Toutes deux négatives, mais pas pour les mêmes raisons.

FNSEA : « OGM : une nouvelle distorsion intra-européenne »

Cet accord, selon le syndicat majoritaire Fnsea, va  à l’encontre totale des propos du Président de la République au Salon de l’agriculture, dénonçant la « surtransposition » des directives communautaires. La Fnsea estime en effet, dans un communiqué,  que le gouvernement joue ici le jeu de la distorsion intracommunautaire, renforçant ainsi les inégalités entre agriculteurs européens. « Les agriculteurs français vont subir encore une fois les conséquences d’une surenchère soi-disant au nom de l’environnement. »

« Par cette subsidiarité, à l’heure où les biotechnologies peuvent apporter de réelles perspectives pour une agriculture et une alimentation durables, la France fait le choix de l’immobilisme et d’une réglementation toujours plus coercitive », conclut le syndicat agricole.

José Bové  craint une "accélération de l'introduction d'OGM en Europe"

Du côté du député européen écologiste José Bové, c’est également la consternation, mais pour des raisons différentes. L’ancien « meneur » des Faucheurs volontaires craint en effet  "une accélération de l'introduction d'OGM en Europe"  et  estime que la France et Ségolène Royal ont "capitulé en rase-campagne."

Il remet en cause la version officielle selon laquelle chaque état aurait  le choix d'autoriser ou d'interdire la culture sur leur territoire.  " En réalité, c'est beaucoup plus compliqué, c'est faux", a déclaré vendredi sur RMC M. Bové, qui espère "changer les choses au parlement".

"Premièrement (...) le temps d'expertise sera raccourci quand les industriels voudront imposer un OGM en Europe", a-t-il déploré. "Deuxièmement, une fois l'expertise faite et l'OGM accepté, les industriels rencontrent les gouvernements de chaque pays, ce qui n'était jamais arrivé jusqu'à présent (...) Si le gouvernement dit oui, très bien, il y aura des OGM et personne n'en discute au Parlement. S'il dit non, le gouvernement doit ensuite envoyer un courrier à Bruxelles", a-t-il poursuivi.

« On va se retrouver confrontés à des procès devant l'Organisation mondiale du Commerce, pays par pays et non plus l'Europe, donc on ne tiendra plus collectivement", a également déclaré José Bové, qui craint des "distorsions de concurrence entre paysans bio dans des pays où il y a des OGM" et les autres, ou encore la "pollution dans les régions frontalières".

"Martin, avaient tenu bon et refusé cette mascarade. Malheureusement, Ségolène Royal vient de capituler en rase-campagne", a-t-il regretté.   "Je crois que Monsanto doit se frotter les mains, ils doivent se marrer, ils se disent 'ca y est on les a bien eus' et en plus on leur vend ça comme une possibilité d'interdire les OGM", a conclu M. Bové.

De son côté, Monsanto affirme pourtant qu'il ne ne compte pas présenter de nouvelles demandes d'autorisation de culture dans l'UE et qu'il va poursuivre ses investissements dans les biotechnologies en-dehors de l'Europe.

Concurrence accrue entre les pays qui cultiveront ou pas les OGM

L’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV), pro OGM,  souligne quant à elle que cette réglementation va « ouvrir une brèche dans l’inscription au catalogue des variétés en permettant des exceptions nationales ». Ces variétés transgéniques ne pourront pas en effet être semées ni produites dans les pays en interdisant la culture ; en revanche les produits de la récolte circuleront librement.

Ils estiment toutefois que cette renationalisation des autorisations des OGM, « aussi regrettable qu’elle soit », « permettra aux pays européens qui refusent l’obscurantisme, comme la Grande Bretagne, de libérer leur recherche et de concrétiser leur politique de développement des plantes génétiquement modifiées ». En conséquence « la concurrence entre les pays agricoles qui cultiveront les PGM (produits génétiquement modifiés) et ceux qui les refuseront » s’exprimera de manière forte.

 

Sur le même sujet

Commentaires 10

scarlus

être mal nourrit ; c'est quand tu manges à ta faim ce que tu veux,ou tu le veux, quand tu le veux, mais quand tu pars en vacance au maroc tu ne peux pas boire l'eau du robinet sans attraper la tourista( ton estomac est aseptisé)
ou
c'est quand tu manges toujours la meme chose tous les jours (du riz..)sans viande ???

eleveur

+1 scarlus

excelsior

persuadé d'etre mal nourri ....A juste titre et je ne parles pas des agriculteurs mais bien des pratiques des industriels qui sont pret a tout pour produire moins cher
et doc j'en reviens a ce probleme de coherence du consommateur, et aussi des marges trop importantes pratiqués .... si tout le monde prend des marges raisonnables et que le consommateur est coherent car la qualité est a un certain prix ...alors on aura deja avancé

narthex

@scarlus: sophisme:n.m. Argument, raisonnement ayant l'apparence de la validité, de la vérité, mais en réalité faux et non concluant, avancé généralement avec mauvaise foi, pour tromper ou faire illusion.........

scarlus

le ventre bien plein!!!ben oui on gaspille, parce que la dlc est dépassée, parce que le lait à des cellules parce qu' il y a une listeria, parce que la norme xx n'est pas respectée, parce que la forme du légume n'est pas "vendeuse" , parce que le pain est un peu dur, parce que la chaine du froid n'est pas respectée, parce que la couleur de la tomate n'est pas jolie , parce que ça sent pas bon, parce que la viande de vache est du cheval, parce qu' on fait la une des journaux avec le principe de précaution...
en bon français que nous sommes! on est, en plus de tout ça , persuader d'être mal nourri
y'aurai pas comme un problème ??? notre système est basée sur le principe de consommation ...c'est peut être (certainement) une explication

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier