[Vidéo] Moissons 2016 : inquiétudes sur la qualité et les volumes

Lise Monteillet

[Vidéo] Moissons 2016 :  inquiétudes sur la qualité et les volumes

Mauvais remplissage des grains, pression des maladies, problèmes de calibrage... Alors que les moissons démarrent, la qualité des récoltes 2016 préoccupe les professionnels de la filière, qui estiment aussi que les volumes de production pourraient être inférieurs de 10 % à l'année 2015. Rencontre avec Xavier Cassedanne, expert grandes cultures au Crédit agricole SA.

Quelles sont les prévisions de récolte alors que les moissons commencent en France ?

Xavier Cassedanne : Alors que tout laissait à penser que la récolte 2016 serait aussi bonne voire meilleure que celle de 2015, la situation s’est fortement dégradée pendant le printemps avec les épisodes de pluies récurrentes dans certaines régions, les inondations et aussi le manque d’ensoleillement, notamment en juin. Les conséquences sont maintenant visibles : mauvais remplissage des grains (à travers le PS), pression maladie très forte (fort risque de fusariose sur les épis mais trop tôt pour en mesurer l’impact), problèmes de calibrage pour les premières orges d’hiver récoltés. Tous ces éléments pourraient compliquer les débouchés et nécessiter de la part des OS de trier les grains.

Au niveau quantité, les prévisions des analystes commencent à circuler. Même si tout le monde est d’accord pour affirmer que le niveau de la production en blé sera inférieur aux 41 millions de 2015, les estimations pour cette récolte 2016 varient entre 35 et 37,5 millions de tonnes, soit environ 10% en moins. C’est pratiquement équivalent à la moyenne quinquennale (36,9 millions de tonnes). Il faut encore relativiser car les surfaces en blé sont en augmentation de 1,5% par rapport à 2015.   

La qualité des récolte et le rendement varient-ils selon les régions ? 

Xavier Cassedanne : Les Régions les plus touchées en blé tendre et orge hiver sont le Centre, la France Comté, la Lorraine, la Bourgogne, l'Ile-de-France, le sud du Nord Pas-de-Calais. En blé dur, les régions les plus touchées sont le Centre et PACA (sécheresse). Les régions où l’on devrait connaître les meilleurs potentiels sont les régions de la façade atlantique, de la Manche. En quelque sorte, les régions proches des silos portuaires d’exportation. 

Comment s’annoncent les récoltes à l’échelle internationale ? Quel impact sur le prix ?

Xavier Cassedanne : Effectivement, il est intéressant de regarder comment se passent les récoltes au niveau international car comme nous sommes un pays exportateur, les prix payés aux producteurs français sont fortement dépendants des prix à l’exportation.

Les récoltes dans les autres bassins de production s’annoncent bonnes voire très bonnes en volumes comme par exemple aux USA et en Russie qui ont démarré leurs moissons. On attend 110 millions de tonnes de grains en Russie. Les prévisions semblent également élevées dans les pays de l’Europe de l’Est, zone de plus en plus en concurrence avec les grains français. Par exemple, en Bulgarie, on attend une récolte « record » avec un rendement moyen en blé tendre de 5,42 t/ha (1t de plus qu’en 2015). Autre point à rajouter : le retournement de tendance sur les prévisions en Ukraine. Dans ce pays, on s’attend maintenant à un bien meilleur niveau alors que les difficiles conditions de semis avaient orienté les prévisions de production fortement à la baisse.

Malgré la légère hausse constatée depuis les incertitudes sur le bilan français à partir de la mi-mai, la dure réalité reprend du service, liée aux fondamentaux qui finalement restent encore très lourds (et cela depuis 4 ans). Les niveaux de prix restent encore bas.   

Mauvaises récoltes, prix bas… Les producteurs français risquent-ils de subir la double peine ?

Xavier Cassedanne : La France a bien connu un incident climatique important. C’est encore trop tôt pour en mesurer toutes les conséquences. Il faudra attendre les débuts de récoltes pour infirmer ou confirmer les tendances. Dans ce contexte d’incertitudes pour la France et une situation encore lourde pour le reste du monde, la volatilité des prix devrait s’exprimer dans un tunnel de prix encore relativement bas ou équivalent aux niveaux de prix des deux dernières campagnes. 

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Commentaires 5

CRloiret

http://www.coordinationrurale.fr/inondations-recenser-les-degats-une-necessite/

Continués d'envoyer vos rendements .....

@cr

Très bien vous comptez les morts et sinon vous faites , esclaves de la societe et pourtant çe que l on produit des gens font des marges dessus
Vous compterez donc faillite et pendus dans le Loiret formidable

CR 45

Notre enquête sur 13 départements effectuée par la Coordination Rurale actuellement, montre des pertes beaucoup plus importante, nous ne manquerons pas de vous tenir informé
Lheure Laurent

@cloche

les rayons seront bien garni sans probleme , pour les pecores tout le monde s'en fout l'essentiel est que la loi el kohmri ne passe pas que l on passe aux 32h et que les vacances soient ensoleillé et qu' on gagne l'euro des millionaires

CLOCHE215

il y a de quoi s'inquiéter, la survie du paysan et les rayons des supermarchés moins garnis !!!

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