Pleinchamp.com, votre site d’expertise agricole - Retour à l'accueil
annonces-pleinchamp winealley Facebook Twitter

Découvrez les Services Experts

  • Météo
  • Grandes cultures
  • Élevage
  • Porcs
  • Viticulture
  • Énergie
Agriculteurs, clients du Crédit agricole, informez-vous ici

Mon espace
pleinchamp

Mot de passe oublié ?
Imprimer
  • Accueil
  • >
  • Actualités générales
  • >
  • Interviews
  • >
  • Terre d'Infos TV : « 4 questions à » François Bayrou

29/02/12
Actualités générales

Terre d'Infos TV : « 4 questions à » François Bayrou

La première émission politique de la chaîne "Terre d'Infos TV", « 4 questions à » reçoit les candidats à l’élection présidentielle qui donnent leur vision de l’agriculture française sous la houlette d’Olivier Alleman. Chaque candidat répond en 12 minutes à 4 questions liées aux préoccupations du monde agricole. Voici la retranscription des réponses de François Bayrou :

1.    La PAC va être réformée en 2013. Faut-il continuer à promouvoir une politique agricole commune à l’échelle européenne, avec quelles mesures prioritaires et quel budget ?

  La première des choses qu’il faut dire, c’est que oui il faut une politique qui soutienne l’agriculture européenne et française. On a un modèle français, qu’on a défendu depuis des décennies et qui est particulier en Europe parce que nous avons décidé, nous français, qu’il fallait non seulement défendre la production mais défendre les agriculteurs. On est le seul pays qui a mis en priorité la défense d’un tissu d’exploitation agricole familial vivant, et donc pas du tout le modèle agricole-industriel massif qui a été mis en œuvre dans d’autres pays. Précisément on a fait la politique agricole commune pour ça. Il faut la défendre, avec des responsables français qui auront le monde agricole comme préoccupation personnelle. Vous savez exactement ce qui se passe. Les agriculteurs pendant très longtemps, ils ont été très nombreux et parce qu’ils étaient très nombreux dans la population française, alors le monde politique venait leur faire des courbettes, ne manquait jamais de monter à la tribune pour défendre pendant des heures et des heures de débats, et des nuits, l’agriculture, ses valeurs, ses producteurs. Et puis, avec le temps la population agricole a diminué, elle est aujourd’hui un très faible pourcentage dans la population française et le monde politique est presque totalement indifférent. C’est donc très important pour eux d’avoir des élus, un président de la république qui soit enraciné dans le monde agricole parce qu’il défendra mieux son avenir, je ne dis même pas ses intérêts mais son avenir. Or cet avenir est très important parce qu’une population de la planète qui compte sept milliards de personnes et qui bientôt en aura neuf milliards, sur ces sept milliards il y en a au moins, un milliard qui n’a pas de quoi manger. Alors songez quand ce sera neuf milliards.

Il y a un secteur dont on est sur, qu’il va être crucial pour l’avenir, c’est le secteur agricole. Dans cette idée, un : on va défendre les producteurs autant que les productions, deux : on va soutenir une politique agricole commune qui les aide, trois : parce que ça va devenir rentable, voila trois axes. J’en ajoute deux autres. Une des choses, dont souffre le plus le monde agricole, c’est qu’il y est tant d’incompréhension autour de lui. Par exemple, quand Nicolas Sarkozy dit : « Le revenu agricole a été multiplié par trois  », je ne sais pas s’il le croit. Peut être qu’il  le croit, peut être qu’il ne connait pas bien le monde agricole, et que on lui a fait des fiches et ses conseillers, et les statisticiens, et l’INSEE lui a dit des bêtises aussi importantes. Je ne sais pas s’il le croit, mais s’il le croit c’est une faute. Parce que tous ceux que je connais, moi, dans le monde agricole, ça va un peu mieux dans les céréales, à peine un peu mieux dans l’élevage. Mais j’en connais beaucoup qui dégage pas le smic, qui travaillent, cinquante, soixante et quelques fois plus, heures pas semaine et qui dégagent pas le smic. Il faut dire la vérité sur la réalité de la situation des agriculteurs. Il y a une deuxième chose qui est blessante pour le monde agricole, pendant très longtemps les agriculteurs ont été regardés comme les meilleurs défenseurs de l’environnement et ils l’étaient. Il suffit de se promener dans la campagne pour voir que jusqu’au plus petit lopin de terre, jusqu’à des triangles qui s’enfoncent entre des haies ou des clôtures, la terre française est cultivée et donc vivante jusqu’au plus petit espace. Cette vocation de défenseur de l’environnement, c’est très important comme reconnaissance pour le monde agricole. Et pas un monde agricole ciblé, comme s’il ne respectait pas l’environnement. Le rapprochement entre l’enjeu de protection de l’environnement et l’enjeu de survie du monde agricole voila quelque chose qui est essentiel. On ne peut le comprendre bien, que si on a cette sympathie profonde avec le monde agricole.

2.    La France est reconnue pour la diversité de ses territoires. Comment maintenir un développement territorial équilibré, alors que la majorité de la population habite en ville et que certaines campagnes se désertifient ?

Un, il faut comprendre que le combat pour la campagne vivante, c’est aussi le combat pour le bon équilibre entre la ville et la campagne, c’est la même chose. Imaginez que la campagne se trouve totalement désertifiée, totalement abandonnée, alors il manquera à la ville quelque chose de très important, c’est un équilibre. La deuxième chose, comment défendre : il faut une politique d’installation des jeunes qui soit une politique active et efficace ? Le point d’inquiétude, vous pouvez vous promener dans toutes les allées du salon, parlez avec les agriculteurs, le point d’inquiétude, c’est la transmission. C’est comment trouver des jeunes pour reprendre. Comment trouver des jeunes alors que la terre, le matériel agricole, c’est un investissement très important. Alors que les retraites agricoles sont ce qu’elles sont. Vous voyez qu’il y a la, un grand enjeu d’équilibre pour le futur.   

 

3.    En France, le repas repose sur des produits alimentaires diversifiés, sains et de qualité. Comment, selon vous, pérenniser cette alimentation équilibrée liée aux terroirs et assurer qu’elle reste accessible à tous ?

  La qualité est au moins aussi importante que le prix. Lorsqu’on a des courses à faire, on cherche des produits qui sont de prix raisonnable et pour un certain nombre de ceux là, on fait un effort pour que la qualité soit meilleure. Avoir des légumes de très bonnes qualités, des fruits de très bonnes qualités, quelque fois qu’on souhaite bio ou avec des labels, des indications d’origine, du fromage qui soit un fromage qu’on apprécie, de qualité, de tradition… Là il y a un équilibre. Si vous avez qualité, vous aurez revenus. Un très grand nombre d’exploitations se lancent précisément dans cette reconnaissance là.  

 

4.    Préserver les ressources naturelles est une nécessité pour tous. Selon vous, comment concilier cet impératif  avec  celui  de  rentabilité  économique  et  par  quels  moyens  pouvons nous  les  préserver durablement ?

Moi je ne crois pas beaucoup aux normes. D’abord, parce qu’elles sont changeantes, elles sont couteuses. Je crois à l’exemple, je crois à la transmission des expériences. L’exploitation voisine qui se met tout d’un coup à faire un élevage plus raisonné, avec des bêtes qui ont plus d’espace et qui vend mieux sa viande, il servira d’exemple pour les voisins. Je pense que ce qu’il faut c’est une politique – peut être que vous y participerez avec vos réseaux télévisés - de transmission des exemples. Ce qu’il manque c’est que des exploitations vérifient qu’on peut produire autrement en gagnant mieux sa vie. A partir du moment où on le verra, il y aura du progrès. 

 

Source : Terre d'Infos TV

Imprimer

Derniers commentaires postés

plein champ sur mobile

Saisissez votre N° et recevez un SMS
gratuitement avec le lien vers le site

En savoir plus

Aide téléphonique

Besoin d'informations ? Cliquez ici ou contactez

(depuis un téléphone fixe en France métropolitaine,
 hors surcoût éventuel selon opérateur)
lundi-vendredi : 9h-18h ; samedi : 9h-16h