01/03/12
Agriculture biologique
Le vin bio vient de naitre… Un accord commercial a été passé avec les USA… La PAC d’après 2013 devrait être plus verte … autant de bonnes nouvelles pour l’agriculture biologique, estime Jean-François Hulot, le «Monsieur Bio» de la Commission européenne.
C’est fait, après huit ans de discussions, un accord a enfin été trouvé le 8 février pour donner une définition au vin biologique. « Jusqu’ici, un vin issu de raisins produits en agriculture biologique pouvait être massacré par les techniques œnologiques » explique Jean-François Hulot, chef de l’unité biologique à la Commission européenne, dans le cadre du séminaire international de l’agriculture biologique, organisé au SIA.
Dès le millésime 2012, l’appellation « vin biologique » pourra donc être utilisée par les vignerons bio qui pourront également apposer le logo européen AB sur leurs bouteilles. La mention «Vin issu de raisins cultivés en agriculture biologique» n’aura donc plus cours. En échange, les vignerons devront respecter un cahier des charges européen qui spécifie non seulement que 100% des raisins doivent être issus de l’agriculture biologique mais qui interdit certaines pratiques œnologiques et certains additifs.
La cryoconcentration, l’électrodyalyse ou la desalcoolisation seront par exemple bannies des pratiques des vignerons bio. De même, la filtration ne devra pas être trop drastique et le chauffage de la vendange limité à 70 °. D’autres techniques devraient être remises en question en 2015, c’est le cas de l’osmose inverse ou des résines échangeuses d’ions. Au niveau du sulfitage, les doses maximales seront réduites de 30% par rapport à celles acceptées en mode conventionnel.
Une liste positive des substances autorisées a également été établie. Un tiers des 65 substances autorisées en conventionnel est désormais interdit dans le cahier des charges du vin bio. « Le tartare de calcium et autre bisulfite d’ammonium sont désormais interdits » , précise M. Hulot.
Le règlement du vin biologique devrait être publié courant mars. « La distinction est maintenant claire entre vin bio et vin conventionnel. Il existe un cadre stable dans lequel les producteurs peuvent s’investir et les consommateurs avoir confiance », conclut-il.
Autre motif de satisfaction pour les agriculteurs bio : les propositions de la Commission pour la PAC d’après 2013. « L’identité de l’agriculture biologique est enfin reconnue dans les propositions de la PAC d’après 2013 » estime Jean-François Hulot. D’abord parce que les 30% d’aides liées à des mesures environnementales devraient être automatiquement accordées aux agriculteurs biologiques.
Idem pour celles prévues dans le « programme de développement rural ». « L’agriculture biologique est désormais identifiée comme une meure à part entière (article 30) » se réjouit M. Hulot.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive pas seule, il se réjouit également de l’accord pris entre l’UE et les USA pour la commercialisation des produits bio. A partir du 1er juin 2012, les produits biologiques certifiés en Europe ou aux États-Unis pourront être vendus certifiés dans ces deux régions du globe.
Par cet accord, les Américains s’engagent notamment à ne plus utiliser de « Nitrate du chili » et à renforcer leur surveillance vis-à-vis des OGM. De même, ils devront garantir que les fruits exportés en France n’ont pas été traités aux antibiotiques.
De leur côté, les Français s’engagent à renforcer les contrôles de leurs produits biologiques et une liste des produit s vétérinaires autorisés devra être établie. Les Français devront également certifier qu’aucune antibiotique n’a été utilisée pour le traitement des animaux.
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