19 % : le poids des charges de mécanisation des exploitations en 2014

Raphaël Lecocq

19 % : le poids des charges de mécanisation des exploitations en 2014

C’est l’un des enseignements du Rica 2014. L’enquête « structure 2013 » d’Agreste révèle quant à elle l’évolution des stratégies d’équipement des exploitations.

Quelques chiffres extraits de l’enquête « structure » 2013

- 9 exploitations françaises sur 10 possèdent au moins un tracteur

- 3 tracteurs en moyenne pour les exploitations bovines et grandes cultures

- 70 % des tracteurs de plus de 170 ch sont dans les exploitations de grandes cultures

- 80 % des tracteurs ont une puissance inférieure à 80 ch dans les exploitations de moins de 20 ha

- 60 000 moissonneuses-batteuses en propriété

- 12300 machines à vendanger en propriété (deux fois plus qu’en 1988)

- 5800 arracheuses de pommes de terre en propriété(14 ha en moyenne)

- 2200 arracheuses de betteraves en propriété (29 ha en moyenne)

- 21 % des ensileuses automotrices en propriété

- copropriété : 19 % des exploitations en arrachage de betteraves, 14 % en arrachage de pommes de terre, 13 % en moissonneuses-batteuses, 12 % en machines à vendanger, 10 % en pulvérisateurs

Selon le Réseau d’information comptable agricole (Rica), représentatif de 7284 exploitations moyennes et grandes, la mécanisation représentait, en 2014, 19 % des charges d’exploitation, 29 % de l’actif immobilisé et 50 % des acquisitions d’immobilisations corporelles, hors foncier. La part des charges de mécanisation est la plus forte pour les exploitations spécialisées en céréales et protéagineux (27 % des charges), devant les bovins viande (26 %) et les ovins et caprins ainsi que la polyculture-élevage (23 % dans les deux cas). Les taux les plus faibles sont enregistrés en horticulture et en porcins (7 % dans les deux cas) et en maraîchage (10 %). Les bovins lait sont à 21 %, la viticulture à 13 %. En 2014, 73 % des exploitations ont acheté du matériel pour une valeur moyenne de 31 087 €, avec un plafond de 44 592 € pour les cultures industrielles et un plancher de 9 460 € pour l’horticulture. Au-delà des fluctuations conjoncturelles, le montant des achats suit l’évolution de la Surface agricole utile moyenne (Sau). Mais depuis 2007, l’évolution des acquisitions est supérieure à l’évolution des surfaces.

Renouvellement plus rapide

En 2014, la revente de matériel d’occasion a concerné 38 % des exploitations pour une valeur moyenne de 17500 €. En 1980, 22 % des exploitants revendaient du matériel pour une valeur moyenne de 5600 € (euros constants). Le ratio global des cessions sur les acquisitions, qui était de 15 % en 1980, est de 30 % en 2014. Il traduit un renouvellement plus rapide du matériel et de l’outillage. Pour optimiser le retour sur investissement, un quart des moyennes et grandes exploitations réalisaient en moyenne, en 2014, 7500 € de produits en prestations de services à caractère accessoire. Ce montant est proche des frais d’entretien et de réparation du matériel de l’ensemble des moyennes et grandes exploitations. La part des exploitations en céréales oléo-protéagineux réalisant des prestations de services pour tiers est de 39 % (7800 € de prestations en moyenne) et de 50 % pour les exploitations en cultures industrielles (7300 € en moyenne).

Chute des matériels en parc

Réalisée auprès de 50000 exploitants, l’enquête 2013 sur la structure des exploitations agricoles (Esea) permet de suivre leur évolution entre deux recensements. Elle confirme l’évolution à la baisse du parc de machines. Jusque dans les années 80, les exploitations étaient en pleine phase d’équipement, le parc matériel ne cessait d’augmenter et de se diversifier. Par la suite, le volume global des grosses machines agricoles en propriété dans les exploitations a nettement diminué, en lien avec les évolutions structurelles des exploitations. Entre 1988 et 2013, le nombre de tracteurs en propriété dans les exploitations a ainsi baissé de près de 30 %, passant de 1 500 000 unités à 1 060 000, le nombre de moissonneuses-batteuses a été réduit par deux (60 000 en 2013), les ramasseuses-presses ont diminué de 65 % et les ensileuses de 80 %. La diminution du nombre d’exploitations sur cette période (- 56 %) entraîne « mécaniquement » la baisse du nombre global des machines en propriété. L’augmentation continue de la taille des exploitations va par ailleurs de pair avec l’utilisation de machines plus puissantes tandis que la spécialisation implique le recours accru à des machines spécifiques à certains travaux agricoles.

Hors propriété, l’entraide privilégiée

En 2013, 93 % des exploitations étaient propriétaires de leurs tracteurs de moins de 80 ch, 70 % de leurs tracteurs de plus de 135 ch, , 75 % de leurs pulvérisateurs, 63 % de leur arracheuse de pommes de terre, 53 % de leur moissonneuses-batteuse, 44 % de leur machine à vendanger, 23 % de leur arracheuse de betteraves et 21 % de leur ensileuse.  L’entraide, consistant à un échange de services ou de matériels entre agriculteurs, est également très développée et demeure le mode privilégié par les agriculteurs pour accéder à un matériel dont ils ne sont pas propriétaires. Au cours de la campagne 2012-2013, plus de 50 000 exploitations ont ainsi eu recours à l’entraide pour utiliser un tracteur sur leurs terres, généralement pour disposer d’un tracteur d’une puissance ou d’un modèle différent de celui qu’elles possédaient déjà. Cette entraide est très fréquente pour les tracteurs de faible puissance. Lorsqu’il s’agit de tracteurs plus puissants, elle diminue au profit des Cuma mais demeure néanmoins le mode privilégié par 58 % des exploitants ayant recours à l’extérieur pour s’en équiper. En 2013, 60 % des exploitations ont fait appel à des prestations extérieures par le biais des Eta ou des Cuma.

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