Arvalis aiguille le ciel de la télédétection

Raphaël Lecocq

Le développement des drones ne devrait pas faire d’ombre aux satellites
Drone Agricole

L’institut croit dans la complémentarité du drone et du satellite. Et rappelle la prééminence de l’interprétation et du conseil, basés sur des paramètres multi-factoriels et pluri-annuels.

A l’occasion du Sima, Arvalis Institut du végétal organisait une colloque sur l’utilisation des drones en agriculture. En l’espace de quelques campagnes seulement, les aéronefs sans pilote se sont imposés comme un allié de l’agriculture de précision, au service de l’optimisation des intrants et du diagnostic des accidents. L’ombre portée des drones n’empêche pas les satellites de faire leurs propres relevés mais les deux types de vecteurs chassent sur les mêmes terres et exploitent le même signal, à savoir la quantité de lumière issue du soleil et réfléchir par le couvert végétal. Selon Arvalis, « l’avenir est à l’intégration des technologies de télédétection, non à leur affrontement. Leur grande force est d’être à la fois similaires par la nature des données mesurées et différentes par leurs capacités opérationnelles. L’enjeu est d’associer la très haute résolution, sur des surfaces limitées, accessible de plus en plus simplement par drone, ULM ou avion avec la haute résolution disponible à grande échelle permise par les satellites ».

Les arguments de la complémentarité

Combiner cet ensemble de vecteurs est, selon Arvalis, la voie la plus prometteuse pour s’adapter aux situations locales (parcelles de petites tailles, isolées pour lesquelles le drone peut être intéressant, plaines de grandes cultures où le satellite reste plus efficace), aux cultures (besoin de très haute résolution pour la vigne, l’arboriculture par drone ou ULM, résolution plus faible pour les grandes cultures), aux opérations culturales (caractérisation du statut azoté et calcul des besoins en azote par capteurs multispectraux, suivi du stress hydrique et pilotage de l’irrigation par infrarouge thermique, cartographie des adventices par caméra couleur) et enfin aux conditions climatiques de l’année. Par temps dégagé, le satellite permet une acquisition rapide (environ 90 000 km² en 1 seconde  contre 300 ha/jour pour le drone). En conditions nuageuses, le drone et l’ULM permettent d’acquérir des données grâce à leur faible altitude de vol.

De nouveaux vecteurs pour Farmstar en 2016

La complémentarité entre satellites et drones explique pourquoi l’offre satellitaire Farmstar Expert, élaborée par Airbus DS et Arvalis Institut du végétal, va évoluer d’ici à 2016 en intégrant des données issues de différents vecteurs parmi lesquels des drones. Arvalis rappelle que les images de la végétation ne sont qu’un des éléments entrant dans l’élaboration du conseil et que la valeur ajoutée du service ne vient pas de l’image du végétal mais provient surtout de l’interprétation des données acquises par télédétection (drone, satellite ou autre).. La variété cultivée, le type de sol, les pratiques culturales, les conditions météorologiques sont autant de variables à intégrer, nécessitant des références pluri-annuelles.

 

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