Battery Boost de John Deere : 107 kW d’électricité qui font masse

Raphaël Lecocq

Le Battery Boost appliqué à la remorque Fliegl équipée d’un essieu moteur PowerDriveElect.
John Deere

L’énergie renouvelable produite à la ferme transite dans un pack de batteries sur le relevage avant et vient booster le générateur du tracteur animant des outils à moteurs électriques. Citation au Sima 2015.

L’autonomie énergétique des exploitations est une préoccupation récurrente chez John Deere. Au Sima 2013, le constructeur avait obtenu une médaille d’or pour le Multifuel, un tracteur pouvant être alimenté par différents types de carburant d’origine minérale ou végétale, seuls ou en mélange, dans un réservoir unique, avec moult capteurs pour gérer proprement la combustion. Non commercialisé à ce jour, le concept visait à démontrer que les agriculteurs ne seraient pas bloqués en bord de champ si le prix du pétrole devenait prohibitif, un scénario pas d’actualité en ce début 2015. Si les exploitations agricoles sont capables de produire des huiles végétales, elles sont également potentiellement génératrices d’électricité issue de la méthanisation (co-génération), des panneaux photovoltaïques (sur bâtiments voire au sol) ou encore des éoliennes. Les batteries ont trois vertus : elles sont capables de stocker l’électricité, de s’affranchir de l’intermittence de la production (ensoleillement, vent) et de se déporter en n’importe quel lieu, comme par exemple sur un relevage avant de tracteur.

Transmission et outils attelés

C’est ce que propose John Deere avec son Battery Boost, un pack de batteries Lithium-Ion pouvant délivrer 107 kW de puissance. La performance ne réside ni dans technologie de la batterie ni dans l’attelage sur le relevage mais sur l’exploitation de l’énergie électrique par le tracteur. Depuis 2007, John Deere a présenté successivement plusieurs modèles dotés d’une génératrice électrique. Le 6210 RE est le représentant actuel de cette variante. Il est doté d’une génératrice de 20 kW et de deux prises délivrant une tension de 230 V et 400 V. Le Battery Boost attelé au 6210RE peut fournir un surcroît de puissance à la transmission ou bien alimenter des matériels à entraînement électrique, tel qu’un distributeur d’engrais (Rauch), un andaineur (Pöttinger) ou une benne à essieu moteur (Fliegl).

Normalisation en cours

D’autres tractoristes s’intéressent à l’énergie électrique, comme Fendt avec le projet X associé à Amazone et son distributeur d’engrais eSpread à haute tension (700 V) Comparativement à l’énergie mécanique (prise de force) et hydraulique, l’électricité a des atouts à faire valoir du point de vue du rendement énergétique, de la gestion moteur (précision et réactivité) et de l’intégration au sein des machines. Le développement des solutions passera par un travail de normalisation de l’interface entre le tracteur et les moteurs déportés sur les outils, ce à quoi s’attèle l’AEF (Agricultural industry electronics foundation) déjà à la manœuvre pour l’Isobus et les liaisons électroniques tracteur-outils.

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