Des chenillards autonomes grâce à VitiBot

Raphaël Lecocq

L’automatisation d’un chenillard prévient les troubles musculo-squelettiques dus aux vibrations et élimine l’exposition aux pesticides ainsi que les risques liés au retournement
VitiBot

En robotisant des chenillards, la start-up champenoise espère convertir des tâches chronophages comme la pulvérisation confinée et l’entretien mécanique des sols en opérations aussi rentables que durables.

Cédric Bache (au centre), devant le chenillard autonome, au salon Viti Vini à Epernay

En Champagne, coteaux oblige, le chenillard se déploie sur environ 20 % du vignoble, assurant l’essentiel des tâches mécanisées telles que l’entretien du sol, la pulvérisation ou encore le rognage. « Mais pour ses 20 % en question, c’est 100 % vibration et 100 % exposition aux embruns garanti », souligne Cédric Bache, gérant de VitiBot. « En automatisant un chenillard, on soustrait les opérateurs aux risques de troubles musculo-squelettiques et à l’exposition aux pesticides », poursuit le jeune entrepreneur. « On élimine aussi les risques de retournement, qui se produisent malheureusement chaque année dans notre vignoble, avec parfois une issue fatale ». De fait, VitiBot a suscité l’intérêt de la Mutualité sociale agricole.

24 heures sur 24 contre 35 heures par semaine

Fils de vigneron, Cédric Bache est bien au fait de ces problématiques touchant à la sécurité des opérateurs. Mais la cause environnementale ne lui est pas indifférente non plus. Et là encore, le chenillard autonome a des atouts à faire valoir. « En matière de désherbage comme de protection du feuillage, les viticulteurs sont contraints d’adopter des techniques à haut débit pour être certain de réaliser les chantiers dans des délais compatibles avec les contraintes météorologiques. Avec un chenillard autonome, susceptible de travailler 24 heures sur 24, on peut revenir à des techniques mécaniques en matière de désherbage et mettre en œuvre des panneaux récupérateurs sur les pulvérisateurs, les chantiers non-stop compensant la moindre vitesse de travail et/ou la réduction du nombre d’inter-rangs ou de rangs traités à chaque passage ». 

En travaillant non-stop, le chenillard autonome plébiscite les opérations chronophages mais durables telles que la pulvérisation confinée et l’entretien mécanique du sol

2017, année test

A l’aune de ces avantages, rien n’empêcherait un chenillard autonome de marcher sur les plates-bandes du chenillard. VitiBot n’en est pas là. En l’état actuel du développement, l’entreprise maîtrise la cinématique du chenillard dans l’inter-rang. En 2017 et en collaboration avec le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (Civc), la start-up va s’atteler à automatiser le demi-tour en bout de rang. « Nous maîtrisons l’ensemble des process et nos tests réalisés au moyen d’un simulateur sont concluants », affirme Cédric Bache, ingénieur en informatique et en robotique. Le robot développé par VitiBot est ni plus ni moins qu’une adaptation de chenillards à moteur thermique présents sur le marché aujourd’hui. Les composants utilisés sont éprouvés en robotique et sur d'autres véhicules, comme les voitures autonomes. Cela permet de contenir le surcoût lié à la robotisation. L’étape d’après pourrait consister à troquer le moteur thermique pour des batteries. Basée à Châlons-en-Champagne, VitiBot compte aujourd’hui 4 salariés, un effectif qui va doubler dans les mois à venir. D’ici à la fin 2017, la start-up escompte réaliser une levée de fond pour assurer son développement.

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