Des lâchers de trichogrammes sur 1000 ha pour Drones&Co

Raphaël Lecocq

Le drone évolue entre 5 m et 10 m, à une vitesse de 5 à 7 m/s, avec une autonomie énergétique de 5 à 8 minutes lui permettant de traiter 2 à 3 ha

Le largage par drone se substitue aux traitements anti-pyrale conventionnels tels que les diffuseurs foliaires ou les capsules de trichogrammes lâchées par Ulm ou hélicoptère. Drones&Co escompte survoler entre 4000 et 5000 ha de maïs en 2017.

Philippe Geny, président de Drones&Co : « Le défi consistait à garantir un largage et une répartition rapide et homogène des capsules, gages d’efficacité des trichogrammes »

En agriculture, le drone était jusqu’à présent presque exclusivement dévolu à l’imagerie, au moyen d’une caméra embarquée, d’un appareil photo ou encore d’un capteur multispectral. Avec le largage de capsules de trichogrammes, le drone entre dans une nouvelle ère, abandonnant la « simple » observation pour remplir une fonction utilitaire. Basée à Mirepoix (Ariège), la start-up Drones&Co en a fait sa spécialité. « La mise au point de ce distributeur en vol de trichogrammes a nécessité d’importants investissements en recherche et développement » souligne son président Philippe Geny. « Le défi consistait à garantir un largage et une répartition rapide et homogène des capsules, gages d’efficacité des trichogrammes ».

Un distributeur de trichogrammes en guise de charge utile, qui fait du drone un engin volant utilitaire

Un vecteur compétitif

Le lâcher de trichogrammes, des micro-hyménoptères parasitant les œufs de la pyrale, se pose en triple alternative : alternative aux insecticides, par choix sinon imposé par le stade de végétation interdisant le traitement par tracteur, alternative aux diffuseurs de trichogrammes accrochés manuellement aux feuilles de maïs, alternative au largage de capsules biodégradables de trichogrammes par Ulm ou encore par hélicoptère. « A 17 €/ha le passage hors capsules, le drone est plus économique que l’hélicoptère et l’Ulm et aussi compétitif que les autres méthodes », assure Philippe Geny. « Pour proposer cette solution au plus grand nombre de maïsiculteurs à travers la France, la pyrale entamant sa remontée vers le Nord, il nous faut industrialiser plus encore les process avant le vol et explorer des pistes pour accroître la productivité quotidienne du drone ». Dans sa fonction largage de trichogrammes, un drone est capable de traiter en moyenne 80 ha/jour. Une des vertus du drone, comparativement aux autres vecteurs aériens, réside dans sa capacité à intervenir sur des petits ilots mais c’est aussi ce qui limite à ce jour sa productivité, déjà pénalisée par sa faible autonomie énergétique. 

La charge utile Maïs Top largue des capsules biodégradables à raison de 100 ou 250 unités/ha selon leur concentration en trichogrammes

Plate-forme Agri Load

Concernant l’industrialisation des process, Drones&Co a trouvé une réponse en créant Agri Load, une plate-forme internet destinée à recruter des opérateurs labellisés susceptibles de réaliser des vols pour le compte de Drones&Co, en relation avec les distributeurs (coops et négoces) sinon avec les semenciers et les multiplicateurs de semences. Agri Load aura aussi son application mobile. La start-up escompte lâcher des capsules sur 4000 à 5000 ha de maïs en 2017. Pour parfaire son modèle économique, l’entreprise explore par ailleurs d’autres fonctions utilitaires du drone, préférant rester à l’écart des missions d’observation largement investies par la concurrence.

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier