Drone Agricole… mais pas que

Raphaël Lecocq

Drone Agricole faut du couple vecteur / capteur sa clé d’entrée dans l’agriculture de précision
Drone Agricole

Créée en 2013, Drone Agricole propose du conseil en fertilisation azotée sur blé et colza en s’appuyant sur de la télédétection par drone. Mais le drone n’est qu’un vecteur parmi d’autres tels l’Ulm, l’avion, le satellite, le tracteur ! Et l’azote n’est qu’un début.

Pour sa première campagne en 2013-2014, Drone Agricole a survolé 7000 ha de blé et 3000 ha de colza. Sur ces 10 000 ha, 7500 ha l’on été par un drone eBee et 2500 ha… par un Ulm. « En matière de télédétection, le drone n’est qu’un vecteur parmi d’autres, déclare Amaury Desombre, l’un des trois associés-fondateurs de la start-up. Pour optimiser les pratiques culturales par télédétection, nous recherchons le meilleur couple vecteur / capteur. Parmi les vecteurs figurent l’Ulm par exemple, qui a une capacité de couverture de 10 000 ha/jour contre 250 ha/jour pour un micro-drone ». Drone Agricole ne mise donc pas tout sur le drone, d’autant moins que deux grosses interrogations subsistent aux yeux de l’entreprise, à commencer par le business-modèle. A chacun son drone à 300 € (contre 30 000 € aujourd’hui) ou place à quelques drones balayant la France en quelques heures ? Du point de vue de la réglementation ensuite : exigera-t-on demain un brevet pour piloter un drone ? Les vecteurs pré-existant aux drones conservent leur légitimité. Un tracteur embarquant un N-Sensor ou un SAT :scan constitue un couple vecteur / capteur pertinent. L’offre satellitaire est également susceptible d’évoluer.

Après la fertilisation azotée, la télédétection pourrait servir le diagnostic précoce de maladies

L’azote sur orge brassicole, en attendant les phytos

Si le futur du drone n’est pas clairement écrit dans le ciel, Drone Agricole n’a aucun doute quant aux perspectives offertes par la télédétection et la proxidétection pour optimiser les pratiques agricoles. Après les 10 000 ha de la campagne 2013-2014, l’entreprise a contractualisé cette année 45 000 ha de pilotage azoté pour blé et colza, dans un grand quart Nord-Est de la France. La prochaine offre de service pourrait concerner l’orge de printemps, avec là encore une problématique azotée (2ème apport), au moins aussi capitale qu’en blé et colza au regard des exigences de la malterie. Toujours dans le domaine de la fertilisation, Drone Agricole se penche sur les besoins en oligo-éléments du maïs. Et les phytos ? Le dossier est loin d’être éludé par l’entreprise, qui explore les potentialités de la télédétection appliquée au diagnostic précoce des maladies (blé et betterave sucrière) et des infestations de mauvaises herbes (blé).

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires