Innovation dans l'équipement : Kremer viticole met l'enjambeur sous tension

Ludovic Vimond

L'enjambeur électrique de Kremer Viticole a fait l'attraction du Viteff à Epernay.

Avec son enjambeur trois roues T3E, le concessionnaire marnais Kremer Viticole a créé l'événement en présentant au Viteff à Epernay son tracteur enjambeur entièrement électrique. Ce prototype arbore une construction originale, qui a fait l'objet d'un brevet. C'est en effet un enjambeur trois rangs à deux roues motrices avant et une roue directrice arrière. Selon Aurélien Kremer, co-gérant de la concession éponyme, cette conception permet de travailler en tirant les outils de travail du sol ce qui demande moins de puissance. De plus, le tracteur est plus stable notamment en bout de rang avec un outil porté avant, qu'un trois roues classique avec une seule roue sur l'avant. Par ailleurs, l'entrée dans le rang est facilitée : une fois les deux roues avant placées, il suffit de redresser avec la roue arrière pour être bien positionné dans le rang.

Le T3E de Kremer Viticole, à entraînement électrique, développe l'équivalent de 100 ch dans les roues et ne génère pas de perte de puissance comme une transmission hydrostatique. (Kremer viticole)

Le T3E de Kremer Viticole, à entraînement électrique, développe l'équivalent de 100 ch dans les roues et ne génère pas de perte de puissance comme une transmission hydrostatique. (Kremer viticole)

4480 Nm dans chaque roue

Mais la principale originalité tient dans son mode de traction. En lieu et place du moteur hydraulique, un moteur électrique développant un couple très élevé de 4 480 Nm (Newton.mètre) prend place dans chaque roue avant. Pour alimenter les deux moteurs électriques, 750 kg de batteries lithium-ion assurent une autonomie allant jusqu'à huit heures, soit une journée de travail : une jauge électronique permet de suivre l'autonomie restante. D'une durée de vie de 10 000 cycles de rechargement, ces batteries délivrent une puissance quasi-constante jusqu'à déchargement complet. De plus, dans les descentes, les moteurs électriques se transforment en récupérateurs d'énergie cinétique, comme sur une Toyota Prius, ce qui permet de recharger les batteries, générant jusqu'à 20 % d'autonomie supplémentaire.

Finies les vidanges

Son mode de propulsion rend le T3E très silencieux et engendre beaucoup moins de vibrations. L'absence quasi-totale d'hydraulique évite tout risque de fuite et représente une économie conséquente quant à l'entretien, en comparaison aux 120 litres stockés dans un enjambeur classique. Seule la direction est restée à pilotage hydraulique, avec de l'huile biologique. Réalisé en 6 heures sur 380 V, le rechargement des batteries coûte moins de 4 € par jour, soit 10 à 20 fois moins qu'un enjambeur carburant au fioul. Par ailleurs, avec son poids plume de 1750 kg, le T3E offre un rapport poids/puissance inédit sur un enjambeur de cette catégorie de puissance. Capable d'évoluer en conditions humides et pluvieuses, le T3E ne coûte pas plus cher qu'un enjambeur classique de même puissance (70 à 80 000 € HT). Aurélien Kremer entend revendre ce projet à un constructeur de tracteurs enjambeurs qui possède les infrastructures facilitant son industrialisation.

Source Réussir Vigne Novembre 2009

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