L’appétit des mélangeuses automotrices

Raphaël Lecocq

Proposée en 10 m3 et 12 m3 à moins de 80 000 euros, la Smartrac de Trioliet caractérisée par un poste inversé, est conçue pour un usage individuel

Les immatriculations de mélangeuses automotrices ont bondi de 74 % en 2013. Fer de lance de cette stratégie d’équipement, les Cuma leur consacrent un site dédié.

Manutention, pulvérisation, récolte : la greffe d’un moteur sur une machine prend en général très bien. La distribution des fourrages n’échappe pas à la règle. Développées il y a une vingtaine d’années, les automotrices de distribution des fourrages voient leur ventes augmenter régulièrement. En 2013, 87 immatriculations de machines neuves ont été recensées par Axema,  le syndicat des industriels de l’agroéquipement, soit une hausse de 74 % par rapport en 2012 (50 machines). En 2010 et 2011, 25 et 42 automotrices avaient été respectivement immatriculées.  Rmh, un des pionniers de l’automotrice et qui dispose d’un catalogue de 26 machines réparties en 8 gammes pour une capacité comprise entre 11 m3 et 30 m3 s’adjugeait plus d’un tiers du marché français (36 %) en 2012, devant Kuhn (28 %) et Lucas G (12 %). Suivent Storti, Siloking Taarup, Seko, Sgariboldi, Silo Farmer…Les automotrices rencontrent un grand succès auprès des Cuma, qui leur consacrent un site dédié (desileuseautomotrice.fr).

Performances tous azimuts

Les automotrices se distinguent par leur capacité à auto-charger tous les composants possibles et imaginables d’une ration, sans exclusive : des granulés ou des céréales stockés en vrac, des tranches d’ensilage d’herbe et de maïs, des bottes rondes et carrées de foin, d’enrubanné et de paille. La distributrice n’est pas seulement automotrice, elle est aussi autonome, en ce sens qu’elle exclue  le recours à tout autre engin de manutention pour charger et pour distribuer une ration complète. Cette performance réside dans le bras désileur articulé situé à l’avant de la machine, capable de rogner une botte de fourrage comme un silo d’ensilage, puis d’accompagner le fourrage vers un tapis élévateur. Ce tapis élévateur est par ailleurs l’organe qui vient directement buter dans un stockage à plat pour charger les aliments concentrés de la ration. Il ne reste plus qu’à convoyer les ingrédients au dessus du bol mélangeur situé à l’arrière de la machine.

Machine routière

 

Le comportement routier de la distributrice automotrice est un autre aspect fondamental de l’automotrice. Essentiel parce que dans une majorité de situations, la rentabilité de l’investissement passe par l’alimentation quotidienne de plusieurs troupeaux, disséminés sur un territoire plus ou moins lâche. Les machines les mieux dotées sont ainsi capables de se déplacer à 40 km/h, entraînées par des moteurs développant plus de 200 ch, et assorties des suspensions requises pour ménager les mécaniques et le chauffeur. Le kilométrage annuel peut flirter avec les 20 000 km. Si les volumes de lait sont souvent mis en avant pour esquisser les seuils de rentabilité, le kilométrage est une donnée à ne pas négliger. L’achat d’occasion de machines conditionnées, affichant 3000 ou 4000 heures au compteur, est une stratégie non dépourvue de cohérence.

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