La Fnedt s’inquiète de la compétitivité des entreprises de travaux

Raphaël Lecocq

Gérard Napias, président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires
Fnedt

La suppression des mesures d’allègement du coût travail fait craindre une hausse des coûts de revient des entreprises, dont les marges sont déjà comprimées par le coût des machines à l’achat et à l’usage, le tout dans un environnement très fortement concurrentiel.

« Le résultat financier courant actuel des entreprises de travaux agricoles diminue à cause de la hausse continue du prix de l’énergie et des pièces détachées. Toute variation du coût du travail a des conséquences sur l’emploi salarié dans notre secteur des travaux agricoles qui est caractérisé par des marges d’exploitation faibles », déclare Gérard Napias, président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (Fnedt). La Fédération cible les décisions gouvernementales qui ont commencé par pénaliser et mécontenter les salariés avec la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires. Le projet de Loi de finances 2013 touchera quant à lui les employeurs, avec la remise en cause de l’exonération de charges sociales sur les travailleurs occasionnels, l’abandon la mise en place de l’exonération des charges sur l’emploi permanent et la possible application de charges supplémentaires sur les emplois à durée déterminée.

Salariés, entrepreneurs et clients pénalisés

Autant de mesures qui pourraient casser la dynamique de l’emploi au sein des entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers. La Fnedt a fait ses comptes : l’effectif salarié des entreprises employant de la main d’œuvre (7000 sur un total de 13 000)  est passé de moins de 49 000 en 2003 à 66 000 en 2011. La Fnedt pointe aussi les dommages collatéraux des mesures envisagées. Avec des prestataires fragilisés, aux marges toujours plus contraintes par les investissements, le coût des pièces, la hausse des prix de l’énergie, le tout sur fond de concurrence acharnée, les clients agriculteurs pourraient perdre leurs premiers alliés dans leur propre quête de productivité et de compétitivité. Enfin, « la Fnedt pronostique le retour sur les marchés des formes de concurrence déloyale ou de nouvelles formes de concurrence d’emploi des salariés détachés ou non-salariés européens dès lors que la politique économique française ne prend pas en compte la question du coût du travail », prévient Gérard Napias.

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