La forêt et le bois s’offrent leur 1er Sommet

Raphaël Lecocq

Abatteuses, de porteurs et autres matériels forestiers seront exposés à l’extérieur
Ponsse

La Grande halle d’Auvergne accueille la 1ère édition du Sommet de la forêt et du bois, un rendez-vous professionnel et grand public, avec l’emploi et l’économie du bois comme fil conducteur. Rendez-vous à Cournon (63) du 15 au 17 mai.

La filière forêt-bois auvergnate

- plus de 700 000 hectares de forêts soit 26,8 % du territoire régional

- un taux de boisement de 36 % contre 27 % en France

- 80 % appartiennent à plus de 200 000 propriétaires forestiers privés

- 5,8 millions de m3 de bois produits / an

- 5ème région française pour le volume de bois scié

- 730 000 m3 de bois, essentiellement de conifères, sont transformés par an par les 200 scieries auvergnates

- 45 000 emplois parmi les 8 000 entreprises (dont plus de 2 000 entreprises de travaux forestiers)

- 8 pôles d’excellence se rapportant à la filière bois

- 10 grands laboratoires de recherche

- 210 établissements de formation, du Cap au doctorat

Après le Sommet de l’élevage, dont la 23ème édition se tiendra du 1er au 3 octobre, Cournon accueille la 1ère édition du Sommet de la forêt et du bois. Une première co-organisée par Forexpo, salon européen de la sylviculture et de l’exploitation forestière dans les Landes et Panorabois, salon du bois et de la forêt de Clermont-Ferrand. Du pépiniériste au constructeur bois en passant par les constructeurs et distributeurs de matériel forestier, scieurs, fabricants et distributeurs de matériel de chauffage à bois et granulés bois ainsi qu’un important pôle de services aux propriétaires forestiers (gestion, assurance, vente etc...), toutes les facettes de la filière forêt-bois seront représentées, à travers plus de 200 exposants.

Pôles thématiques, démonstrations et conférences

Le Sommet de la forêt et du bois est organisé autour de 13 pôles thématiques : mécanisation forestière, bois énergie, scierie mobile, déchiqueteuses, desserte, transport, aménagement intérieur et extérieur, scieries, isolation, services aux propriétaires forestiers, organismes consulaires… Des démonstrations d’abatteuses, de porteurs et autres matériels forestiers auront lieu à l’extérieur. Des conférences seront organisées à l’intention des professionnels (rencontre d’affaires, bois énergie, experts forestiers, mécanisation en zone de moyenne montagne, économies d’énergie en scierie) et des particuliers (isolation thermique par l’extérieur).

La formation et l’emploi en exergue

Sur une surface de 140 m² dédiée aux établissements et centres de formation initiale et continue, les collégiens et personnes en reconversion professionnelle pourront être conseillés et orientés vers les formations forêt et bois dispensées sur l’ensemble du Massif Central. Lycées, associations, organismes de formations seront donc présents pour sensibiliser le public au potentiel de cette filière méconnue et porteuse d’emplois. Entrepreneur de travaux forestiers, scieur, conducteur d’engins, ouvrier forestier, charpentier... autant de postes à pourvoir et à découvrir du niveau CAP à ingénieur.

Déficit commercial de 6 Mds €

L’organisation de ce 1er Sommet de la forêt et du bois sera l’occasion de rappeler les paradoxes de la filière française du bois. Quand l’agroalimentaire s’enorgueillit d’un solde commercial extérieur annuel d’environ 11 milliards € (2ème derrière l’aéronautique), la filière bois est caractérisée par un déficit chronique d’environ 6 milliards €. Si la mobilisation, terme désigné pour l’exploitation du bois, peut mieux faire, la production de bois est moins en cause que sa transformation. La forêt française et ses 15 millions d’ha couvrent 30 % du territoire métropolitain. Quatrième massif européen, la France est le 2ème producteur de bois de l’Ue, avec 66 millions m3, dont 40 % auto-consommé en chauffage. Notre pays exporte du bois brut à faible valeur ajoutée mais importe en retour des produits transformés à forte valeur ajoutée : bois sciés rabotés, meubles, papiers, cartons. C’est ainsi que se crée le déficit de la filière française, qui génère tout de même 450 000 emplois et 50 milliards € de chiffre d’affaires. En réaction à cet état des lieux, le ministère de l’Agriculture et de la forêt mettait en place le 25 septembre 2012 les Rencontres régionales pour l’avenir des industries de transformation du bois. Elles débouchaient, le 17 octobre 2013, sur le Plan national d’action (Pna) consacré à ces mêmes industries de transformation. S’ensuivait le 10 mars 2014 la mise en place du Comité stratégique filière bois (Csf Bois), mettant le bois à l’égal des secteurs industriels stratégiques tels que l’automobile ou l’aéronautique. D’ici à l’été 2014, le Csf Bois, qui réunit tous les acteurs de la filière, proposera un contrat de filière ayant pour objectif de promouvoir l’utilisation du bois dans la construction, lever les obstacles réglementaires à l’utilisation du bois ou encore développer des stratégies de valorisation s’appuyant sur l’architecture d’intérieur et le design. Le contrat de filière formalisera des engagements réciproques entre l’Etat et les professionnels.

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