Le marché de l’agroéquipement attendu en baisse de 11 % en 2015

Raphaël Lecocq

A l’inverse de la tendance générale, les ventes de matériels et équipements viti-vinicoles ont significativement progressé en 2014
Grégoire

Le caractère cyclique du secteur conjugué à la volatilité des prix des produits agricoles conduit Axema à anticiper une baisse de marché de 11 % en 2015. L’emploi reste par contre bien orienté.

Un déficit commercial de 1,6 milliard d’euros

La production d’agroéquipements « made in France » a généré un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros en 2013. Les exportations se sont élevées à 3 milliards d’euros et les importations à 4,6 milliards d’euros. En Europe, l’Allemagne est le pays le plus performant du secteur, affichant un bénéfice commercial de 5,9 milliards d’euros. L’Italie est une autre place forte de l’agroéquipement avec un solde positif de 3,6 milliards d’euros, suivie par les Pays-Bas (+ 1,2 Mds €) et l’Autriche (+ 0,6 Mds €). L’Europe demeure le plus gros fournisseur mondial d’agroéquipements avec près de 40 % de la production, devançant l’Asie (31 %) et les Amériques (28 %).

Selon Axema, l’Union des industriels de l’agroéquipement, le marché français des agroéquipements s’est élevé à 5,6 milliards d’euros en 2014, soit une baisse de 14,7 % par rapport à 2013. La contre-performance est toute relative car 2014 concluait une série de trois exercices haussiers, avec un millésime 2013 historique à 6 milliards d’euros. Au caractère cyclique des investissements se sont ajoutés des phénomènes conjoncturels tels que la baisse des prix des produits agricoles et les incertitudes concernant le nouvelle Pac et la répartition des aides. L’année en cours devrait être marquée par la poursuite de la correction du marché, pour s’établir à 5 milliards d’euros selon Axema, soit une baisse de 11 %.  Là encore, la relativité serait de mise comparativement à l’année 2010, le point bas de la décennie passée avec 4,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. La France n’est pas un cas isolé en Europe, les constructeurs anticipant une baisse de marché comprise entre 7 % et 11 % selon les pays pour cette année.

L’emploi toujours porteur

Par catégorie de machines, le marché des tracteurs est le plus impacté par la baisse du marché en 2014 avec un recul des immatriculations de 24,7 % pour les tracteurs agricoles et de 3,9 % pour les tracteurs espaces verts. Les immatriculations de moissonneuses-batteuses ont baissé de 7,5 %. Parmi les matériels dont les ventes ont progressé figurent les ensileuses automotrices et les récolteuses de produits en terre (+ 11,8 %). Le secteur viti-vinicole se distingue également avec une progression des immatriculations de  28,2 % pour les machines à vendanger, de 5,7 % pour les tracteurs vignes et vergers et de 6,9 % pour les tracteurs enjambeurs. Malgré la conjoncture, le marché de l’emploi dans l’agroéquipement reste porteur mais peine toujours à recruter. 5000 offres ont été recensées sur l’année passée et pour  2015, les perspectives d'embauche restent très élevées, 56% des industriels prévoyant de recruter.

Commentaires 1

Beber12

le machinisme reste un secteur encore très actif en France, plus pour le commerce qu'il génère que pour la production industrielle du pays.
On peut prendre exemple sur l'Italie qui exporte plus qu'elle n'importe de machines. si on veut "reindustrialiser" la France il y a là un sujet.

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