Les autorités anti-trust américaines stoppent 
la négociation Monsanto-John Deere

Les autorités anti-trust américaines stoppent 
la négociation Monsanto-John Deere

Pour la première fois, les autorités anti-trust des États-Unis empêchent une transaction au motif de la propriété de données immatérielles. Monsanto a annoncé la dissolution des accords de cession de sa filiale d’agriculture de précision Precision Planting à John Deere un accord qui datait d’il y a 18 mois et qui avait marqué les esprits dans la mesure où John Deere s’apprêtait pour la première fois à communiquer des données appartenant aux agriculteurs à un grand semencier plutôt contesté pour ses pratiques en matière de développement durable et responsable.

Cet accord a rapidement fait l’objet d’une contestation de la part de la Justice américaine pour non-respect des lois anti trust. Cette mise en cause représentait une grande première dans la mesure où l’abus de position dominante ne concernaient pas des ventes matérielles – il ne s’agissait pas de parts de marché – mais d’un potentiel abus de position dominante en matière de propriété des données, bref d’une domination potentielle et immatérielle. 


Il est vrai que ces deux acteurs concentraient à eux deux une part très significative des données agricoles dans le monde avec des contrats de services sur plus de 60 % des surfaces agricoles cultivées aux États- Unis. Même si l’accord des agriculteurs était requis, l’opération signée avec Precision Planting, liale de Climate Corp et de Monsanto, comportait aussi un volet transfert de données en temps réel entre JD Farmsight/JD link et Climate FiedView, ce qui aurait pu être de nature à déstabiliser l’industrie et devait en effet permettre de monétiser les services d’agriculture de précision offerts.

Climate Corp reste filiale de Monsanto qui vient d’être racheté par Bayer. Ce dernier revient donc à la case départ et remet en vente les activités hardware de Precision Planting (retro t de machines, capteurs, matériel de précision) mais conserve cette fois la partie software.

En réalité cet accord ne viendra pas affaiblir John Deere qui connecte déjà plus de 86 000 machines au niveau mondial et développe ses offres d’agriculture de précision partout dans le monde et notamment au Brésil et en Afrique du Sud. Cet échec ne remet pas en cause sa stratégie globale en agriculture de précision, pas plus qu’elle ne remet en cause celle de Monsanto qui vient par ailleurs de racheter HydroBio, une société spécialisée dans les logiciels d’irrigation basée à Denver... Même s’ils ne sont pas les seuls acteurs sur ce terrain, nul doute que les données agricoles resteront le champ des grandes manœuvres des agro fournisseurs (semences et phytosanitaires) et des équipementiers pour les mois à venir... 

Cet article est extrait de la revue Prisme, l'analyse de la conjoncture et de l'actualité agricole et agroalimentaire (juin 2017).

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