Les Cuma de l’Ouest expérimentent l’ensilage de luzerne

Raphaël Lecocq

Au côté des ensileuses, des tests portent sur la récolte à l’autochargeuse
Cuma de l'Ouest

La recherche d’autonomie protéique sous-tend le projet Luziva soutenu par les régions Bretagne et Pays de Loire et porté par Arvalis Institut du végétal. Le défi porte sur la qualité de conservation.

Au premier abord, l’expérimentation peut paraître paradoxale. La réalisation d’ensilage de luzerne est censée être une alternative à la récolte en foin, laquelle expose le plus fortement le fourrage aux risques d’intempéries et/ou aux risques de pertes de valeur alimentaire du fait de la multiplication des interventions (fanage, andainage). Mais la réalisation d’ensilage, qui raccourcit le cycle de récolte et limite ainsi les risques climatiques, pose d’autres enjeux qualitatifs pendant la longue phase de conservation. Le risque, c’est de ne pas respecter les paramètres concourant à la conservation : taux d’humidité, finesse de hachage, pH, tassement, herméticité. Rien d’exceptionnel et d’insurmontable, à ceci près que la composition de la luzerne diffère de celle des graminées du point de vue des taux de sucres et de protéine, ce qui amène à reconsidérer les paramètres de conservation.

Etablir des références

Les suivis de chantiers ont pour objectifs d’apporter des références sur ce mode de conservation. Un maximum d’informations est récolté : itinéraire technique, matériels, coûts, type de silo, conditions de réalisation, matériel…), temps de travaux (chargement, déchargement, étalement, compaction,…). Des prélèvements d’échantillons sont réalisés à différents stades (fauche, ensilage, ouverture de silo).. Les suivis doivent se poursuivre encore deux ans pour aboutir à des références correspondant aux conditions pédo-climatiques des régions Bretagne et Pays de la Loire. Cette expérimentation s’inscrivent dans le projet Luziva, piloté par Arvalis Institut du végétal.

Troisième voie

Aux côtés des usines de déshydratation et de l’auto-production de fourrages récoltés par les éleveurs (foin, enrubannage, ensilage), la constitution d’unités locales et collectives de déshydratation est une solution alternative émergente dans l’Ouest de la France (Coopédom, Codema). Elle fait des éleveurs les fournisseurs de la matière première brute et les premiers clients des fourrages déshydratés, combinant proximité, sécurité d’approvisionnement, traçabilité et compétitivité.

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