Les prestataires en pulvérisation doivent signer un contrat de certification avant le 1er octobre

Raphaël Lecocq

La Fnedt ne redoute pas la certification mais se plaint de la charge administrative qu’elle fait peser sur les entreprises, sans valeur ajoutée compensatrice
Fnedt

Ils auront ensuite un an pour procéder à l’audit de leur entreprise. Un outil en ligne permet aux entreprises concernées de se préparer au référentiel exigé. Un défi administratif, estime la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires.

La certification de l’application phytosanitaire est une des composantes du plan d’action national Ecophyto 2018. Elle vient réviser l'agrément des distributeurs et applicateurs en prestation de services de produits phytopharmaceutiques (Dapa) au profit d’une certification d'entreprise ayant pour base des référentiels contrôlés par des entreprises professionnelles indépendantes et agréées par les pouvoirs publics. C’est avec l’un des sept organismes certificateurs agréés que les entreprises de travaux de pulvérisation doivent signer, avant le 1er octobre 2012, un contrat signifiant leur intention d’être certifiées. Elles auront ensuite un an pour être certifiées non seulement au titre de prestataire d’application de produits phytosanitaires mais également au titre individuel décideur ou opérateur. Elles devront enfin obtenir le maintien de leur agrément pour poursuivre leur activité.

www.certificationphytosanitaire.fr

Sur le fond, les entreprises réalisant pour des tiers des chantiers de pulvérisation ne sont pas trop inquiètes. La pulvérisation place en effet très haut la barre en matière de professionnalisme et d’obligation de résultat. C’est sur la forme que les entreprises s’inquiètent. Les incidences de la certification phytosanitaire sont multiples : documents commerciaux, relations avec les clients, le conseil et la distribution, organisation des chantiers, gestion des salariés, équipements, matériel, gestion des risques (hangar phyto), gestion des stocks, des effluents et des déchets… « Il fut un temps où j’étais véritablement entrepreneur, en passant le plus clair de mon temps dans mon tracteur, déclare Pascal Moine, entrepreneur à Cissé (86). Aujourd’hui, les taches administratives accaparent presque tout mon temps ». La mise en place par l’Onema d’un outil en ligne (www.certificationphytosanitaire.fr), destiné à faciliter la certification, est certes bienvenue mais elle n’allège pas la charge administrative au long cours qui s’ensuivra. « Où est la valeur ajoutée de ce travail administratif quand la même personne est dirigeant, décideur et opérateur, s’interroge Gérard Napias, président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires. La collecte d’informations, la rédaction des procédures, la traçabilité et l’enregistrement de toutes les actions sont une surcharge de travail pour les toutes entreprises ».

Les agriculteurs aussi

Rappelons que pour ce qui est des exploitants agricoles, le Certiphyto entrera en vigueur le 1er octobre 2014. En admettant qu’ils délèguent les chantiers de pulvérisation à leur conjoint ou salarié, les chefs d’exploitation devront néanmoins détenir le Certiphyto, en qualité de décideur en exploitation, pour pouvoir simplement acheter les produits phytopharmaceutiques. Les conjoints et salariés, en qualité d’opérateurs en exploitation, seront soumis à la même obligation de détention du Certiphyto dès lors qu’ils réaliseront des chantiers de traitement. Les chefs de culture ou de vignoble ont aussi la qualité de décideur en exploitation. L’obtention du Certiphyto peut emprunter quatre voies : validation des acquis académiques (diplôme agricole de moins de 5 ans), test sous forme de questionnaire à choix multiple (QCM), formation d’une journée suivie d’un test QCM (assortie d’un jour de formation supplémentaire en cas d’échec), formation de deux jours sans test final.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier