Mal traiter la vigne n’est pas une fatalité

Raphaël LECOCQ

Mal traiter la vigne n’est pas une fatalité

L’Institut français de la vigne et du vin (IFV) publie un guide pratique pour bien choisir et bien régler son pulvérisateur. Une petite bible à distiller sans modération.

Le Boitier Picore ou Ecophyto 2 dans la boite !

Mis au point par IRSTEA et commercialisé par Sika, Picore est une centrale d’acquisition et d’enregistrement de données greffée sur le circuit de pulvérisation, Le boitier compte autant de débitmètres que de sorties de pulvérisation, un capteur de pression et une antenne GPS à signal gratuit (Egnos). Les informations sont transmises par Wifi sur le smartphone du chauffeur en cabine. Outre les informations de débit, de vitesse, de pression, le chauffeur visualise sur son écran chaque rang traité, imagé par un code couleur : vert pour la bonne dose, rouge pour un sur-dosage, bleu pour un sous-dosage et gris pour indiquer une coupure de pulvérisation. Une fois la parcelle traitée, l’appli transmet automatiquement le relevé de chantier sur un serveur internet dédié, au service la gestion parcellaire de l’exploitation et de la traçabilité, sans carte SD, sans clé USB. A la clé : 15 à 20 % d’économie de produit. Pour rappel, Ecophyto 2 vise une réduction de 25 % à échéance 2020 (- 50 % à 2025).

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Photo para 1 doc Berthoud

Améliorer la qualité de pulvérisation, réduire les doses de produits phytosanitaires appliquées, limiter les phénomènes de dérive, choisir les pulvérisateurs les plus performants : tels sont les objectifs du guide « comment bien choisir et régler son appareil pour protéger sa vigne et l’environnement », une petite bible de 28 pages (voir pièce jointe) éditée par l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), en collaboration avec l’IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’agriculture et l’environnement et les Chambres d’agriculture d’Occitanie. Les ingénieurs de ces différents organismes ont passé au crible les différents types de pulvérisateurs pour vignes larges, dans toutes leurs configurations (pneumatique, aéroconvecteur, jet porté, face par face, panneaux récupérateurs, rampe pour premiers traitements…). 

Mal traiter la vigne n’est pas une fatalité

Un banc d’essai discriminant

Selon l’IFV des écarts de dépôts des produits phytosanitaires de 1 à 9 peuvent être observés sur une même parcelle selon le niveau de maîtrise des paramètres de pulvérisation. L’architecture des ceps et des vignobles complique la tâche des applicateurs, tout comme celle des constructeurs, en butte à des défis technologiques ardus. Cependant, la fatalité n’est plus de mise. Les attentes sociétales imposent des avancées. Les constructeurs de pulvérisateurs s’emploient à perfectionner leurs appareils. La performance de ces derniers peut désormais être évaluée grâce à la mise au point du banc de pulvérisation EvaSprayViti par l’IFV et l’IRSTEA. Le banc est bardé de collecteurs mimant les feuilles de vigne pour quantifier des dépôts sur la végétation, au sol et, par déduction, la dérive dans l’atmosphère. Trois configurations différentes du banc correspondant à trois stades végétatifs de la vigne (début, milieu et pleine végétation) permettent de tester les pulvérisateurs selon l’évolution de la végétation. Le banc ouvre la voie à la qualification des pulvérisateurs viticoles, voire à une révision de la sacro-sainte dose/ha, au profit d’une dose correspondant au volume foliaire.

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