Marché de l’agroéquipement : vers un retour à la raison

S C

Marché de l’agroéquipement  : vers un retour à la raison

Après trois années de forte croissance, le marché de l’agroéquipement subit une chute de son chiffre d’affaires. La filière retrouve ainsi des niveaux que les responsables de l’agroéquipement jugent « plus raisonnables ».

La chute du chiffre d’affaires de la filière du machinisme agricole, entamée au premier semestre  2014, devrait se poursuivre aussi bien du côté des constructeurs que des distributeurs, d’après  les professionnels de l’agroéquiepment (Sedima / Axema).  Selon une étude réalisée auprès des industriels, la plupart des secteurs s’attendent en effet à  une nouvelle détérioration de la conjoncture sur le deuxième semestre.

Les secteurs les plus impactés sont ceux de l’arrosage et de la pulvérisation, du travail du sol, des tracteurs agricoles et des matériel de transport et de fenaison. Au contraire les marchés des matériels de laiterie et d’espaces verts devraient continuer à bien se tenir.

Niveau d'investissement

Après une progression des achats de matériels agricoles de plus de 30% entre 2010 et 2013, l’heure est à un retour à des valeurs « plus raisonnables », estime Raphaël Lucchesi, président du syndicat des entreprises de services et distribution du machinisme agricole (Sedima). Après un chiffre d’affaires record de 8,5 milliards en 2013 (marché neuf + occasion),  le marché devrait se situer autour de 7 milliards.

Des agriculteurs attentistes

Une chute essentiellement liée à la baisse des cours de matières premières agricoles mais aussi à un suréquipement dans certaines exploitations. «Quand les récoltes et les cours sont bons, les agriculteurs investissent (...). Aujourd’hui, ils ne sont pas forcément pessimistes mais attentistes,  ils ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés», poursuit Patrick Perard, président de l’Union des industriels de l’agroéquipement (Axema).

Pour 2015, 44% des industriels interrogés s’attendent encore à une baisse de leur chiffre d’affaires en France. Et 7% prévoient même une chute de leurs ventes de plus de 15% en France; mais seulement 3% anticipent une baisse similaire à l’export. Côté distributeurs, 52% s’attendent à un repli de leurs commandes en 2015.

Ce ralentissement de l'activité provoque une augmentation du stock de matériels, notamment chez les distributeurs que ce soit en neuf ou en occasion. Ainsi, 50% du stock est jugé supérieur à la normale par plus de 50% des distributeurs.

Alourdissement des stocks

Le secteur continue d'embaucher

Malgré ces prévisions, les syndicats de professionnels ne sont pas alarmistes. Car si les revenus des céréaliers risquent de chuter fortement quand ceux des éleveurs bovins sont déjà au plus bas, certaines filières se portent mieux, à commencer par la viticulture et le secteur laitier qui investit pour se préparer à la fin des quotas.

Globalement, les agriculteurs ont d’ailleurs maintenu leur capacité d’endettement entre 2010 et 2013 d’après une étude du ministère.

Preuve que le secteur reste confiant : la filière poursuit ses recrutements en 2014 (5.000 postes proposés) et 56% des industriels (45% des distributeurs) comptent encore recruter en 2015.

Les difficultés de recrutement persistent d’ailleurs pour 76% des distributeurs. Le secteur peine toujours à attirer de nouvelles recrues. De nombreux métiers sont en tension à commencer par les commerciaux ou les techniciens pour assurer le service après-vente à l’étranger avec compétences linguistiques requises.

Commentaires 7

skippy

Bon, j'suis laitier, le suréquipement on connait un peu mais il y a des gars chez moi qui cultivent 130-150 ha de blé colza et qui ont acheté une batteuse neuve de 7m à rotor, le bestiau à 250 000€. Admettons sur 7 ans d'amortissement ça fait 250€ d'amortissement par ha hors fuel, main d'oeuvre et transport du grain... Moi, l'entrepreneur me prend 100€ tout compris; en plus ça me bouffe pas 2 travées de hangar pour un truc qui va servir même pas 100h par an.
J'ai tout dit ou j'en rajoute une couche?

oulala

j 'ai vu dans un departement des projets de mae , dans les zones en bonnes terres ( 90 a 110 qx de blé ) projet de mae a 90 ou 110 euros de l'hectare)
projet de mae en zone petite terres ( silex 65qx) mae a 83euros/ha
y a pas un truc qui cloche , on redonne ce que l'on a pris aux zones les plus riches?

excelsior

en tout cas le foll a fait sa reforme au bon moment , apres 2 années miraculeuses , on se base la dessus ( en plus sur une moyenne erronnée, volontairement) pour faire une reforme
bon pour les nantis ils vont vendre une de leur maison ca nee changera rien , mais c'est le viol des zones intermediaires

moi meme

quel retour a la raison ne sommes nous pas des chefs d'entreprise qui raisonnent leur investissement.retour a la raison prix agricole moins 50/100 et il faudrait investir .qui aurait pu douter d'un tel revirement .perso aucun materiel renouvelle et pas question de faire quoi que ce soit a l'avenir les ricains sont passes par la on a vu la casse .

beber12

ok revenons à la raison. mais n'oublions pas que le machinisme représente un bon tiers de nos charges d'exploitation. ce sera bon pour tous les acteurs.

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