MécaFourrages 2017 : une ration complète d’infos et conseils

Raphaël Lecocq

MécaFourrages 2017 : une ration complète d’infos et conseils

Le Méca Evénement des Cuma a attiré près de 2000 éleveurs. Lesquels ont pris une ration complète et concentrée de conseils. Mais sans les concentrés, puisque l’herbe bien élevée et bien récoltée se suffit à elle-même.

Marie-Hélène Herbert, animatrice à la Fdcuma de Corrèze et Tony Cornelissen, président de la Chambre d’agriculture de Corrèze

Si la ration était complète, les réseaux Cuma et Chambres d’agricultures n’avaient pas négligé l’abreuvement, avec au programme, une bonne vingtaine de rasades de pluie tout au long de la journée. Tant mieux pour la repousse des 2èmes ou 3èmes coupes. Tant mieux pour la fréquentation aussi. « On a comptabilisé près de 2000 visiteurs », se réjouit Marie-Hélène Herbert, animatrice à la Fdcuma de Corrèze. « La pluie a empêché de travailler dans les champs mais elle n’a pas dissuadé les visiteurs ». Elle n’a pas que peu gêné le déroulement de la journée à vrai dire, même si les scènes de fenaison sous la pluie allaient un peu à l’encontre des conseils distillés tout au long de la journée.... L’eau pissait dru par moments sous les presses, dont on a découvert qu’elles pouvaient faire office d’essoreuse...

Au premier plan, deux jaunes éleveurs, Sylvain Amathieu et Adrien Delmont, autonomes à tous points de vue

Une région experte

Les constructeurs ont fait le job avec un premier rallye de faucheuses le matin, suivi par un rallye de presses l’après-midi, commentaire et arguments à l’appui. Entre les deux, les agronomes et autres conseillers reprenaient le pouvoir avec leur retours d’essai et d’expérience tous azimuts. Il faut dire que l’ex-Région Limousin a à la fois l’antériorité et la légitimité en matière herbagère. Depuis plus de 10 ans, à travers le programme Herbe et fourrages inter-organismes (Cuma, Chambres, Arvalis...), elle a acquis nombre de références en matière de gestion de pâturage et de conduite fourragère, notamment par le biais d’un réseau de 12 fermes-pilotes. Il en est notamment sorti un système d’avertissement sur la pousse de l’herbe, des diagnostics de sol et de flore et plus largement tout une somme d’expertises largement diffusées auprès de l’ensemble des éleveurs.

Stéphane Martignac, conseiller spécialisé à la Chambre d’agriculture de Corrèze

Autonomie alimentaire

L’objectif n’a pas dévié d’un iota depuis le début du programme : il s’agit d’aller vers l’autonomie alimentaire des élevages, autrement dit de faire produire la protéine par l’herbe pour s’affranchir des achats de tourteaux. Et c’est possible. Grâce au pâturage tournant dynamique exemple qui, en plus d’être productif et nutritif, a des vertus sanitaires sur les troupeaux. Grâce aux légumineuses aussi. La collection végétale mise en place par la coopérative Nutéa sur MécaFourrages démontrait si besoin en était l’étendue des ressources et combinaisons possibles. Aux dires de deux jeunes éleveurs venus témoigner lors du débat de l’après-midi, la mécanique est bien enclenchée et irréversible. « Les luzernières et les prairies multiple-espèces se développent très fortement », analyse Stéphane Martignac, conseiller spécialisé à la Chambre d’agriculture de Corrèze. L’autonomie alimentaire, ce n’est pas une chimère. C’est aujourd’hui une réalité pour de nombreuses exploitations de la région, avec une incidence positive très significative sur l’excédent brut d’exploitation. Il faut juste ne pas avoir peur de faucher car avec une luzerne, cela peut se produire toutes les 5 à 6 semaines ». Alors, prêt à faucher ?

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