Noremat, les accotements routiers et la transition énergétique

Raphaël Lecocq

Ségolène Royal au centre de recherche de Noremat avec Christophe Bachmann (à gauche), directeur général de l’entreprise
Noremat

Le constructeur soutient la récupération de l’herbe fauchée sur les accotements, un excellent substrat pour la méthanisation. Un petit coup de pousse et de pouce à la transition énergique.

Une distribution en direct

Depuis 1981, date de création de l’entreprise basée à Ludres (54), Noremat s’appuie sur ses seuls moyens pour assurer la commercialisation et le service après-vente de ses faucheuses-débroussailleuses, roto-broyeuses, déchiqueteuses etc.  Neuf d’agences régionales et un parc de véhicules atelier assurent ainsi la diffusion des matériels de la marque sur tout le territoire. Noremat a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 51 millions d’euros, en hausse de 18 %. Le grand export (Australie, Nouvelle-Zélande…) assure 20 % de son activité. L’entreprise emploie 238 personnes et estime entre 80 et 90 les emplois induits chez les sous-traitants.

Qu’est-ce qui couvre plus d’ha que les sept Parcs nationaux réunis ? Les accotements routiers de nos voies communales, départementales et nationales ! Soit 400 000 ha pour la partie centrale des parcs en question.  C’est Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie, qui a établi la comparaison à l’occasion d’une visite du centre de recherche de Noremat. Basée à Ludres (54), l’entreprise tente depuis plusieurs années de faire émerger une nouvelle pratique en matière d’entretien des accotements routiers, consistant à collecter l’herbe fauchée pour la valoriser en énergie, via des méthaniseurs. Un petit coup de pouce et de pousse à la transition énergétique. Il se trouve que l’herbe est dotée d’un excellent pouvoir méthanogène, comparativement à d’autres substrats.

Sécurité, biodiversité, santé

L’entretien des accotements routiers répond à des impératifs de sécurité, consistant à délimiter la chaussée, à garantir la visibilité de la signalisation, à autoriser l’arrêt des véhicules, à faciliter la circulation deux roues et des piétons etc. Selon les situations, une à plusieurs fauches sont nécessaires. La fauche et la récupération de l’herbe permettent également de prévenir les incendies et les risques d’inondation. Le retrait du broyat de fauche sert la biodiversité, en accord avec le plan abeilles. L’entretien des accotements porte aussi des enjeux de santé publique, avec contrôle des plantes invasives telles que l’ambroisie. On n’oublie pas les enjeux économiques. Noremat a pour exemple le Conseil départemental de la Mayenne, qui réalise des économies sur les travaux de curage des fossés.

Le VSV en mode fauche et collecte

300 000 personnes, 300 millions €

L’entreprise a fait d’autres simulations économiques. La récupération de l’herbe et des broyats de branches est de nature à couvrir le besoin énergétique d’environ 300 0000 personnes, soit 200 à 300 millions € à porter au crédit de la transition énergétique. En collaboration l’Ecole nationale supérieure d’agronomie et des industries alimentaires (Ensaia), le constructeur a mené des recherches visant à garantir l’innocuité des composts et digestats issus de la transformation de cette biomasse exposée aux émissions de gaz et particules des véhicules routiers. Et bien évidemment, Noremat dispose de la solution matérielle pour faucher et récupérer l’herbe, avec son VSV, un porteur multi-tâches.

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