Pour des agroéquipements de nouvelle génération

Raphaël Lecocq

Binage assisté par caméra vidéo excluant le recours au GPS
Novaxi - Garford

C’est le vœu formulé dans le rapport remis par le député Dominique Potier au Premier Ministre, rapport préfigurant un plan Ecophyto 2. Le rapport totalise 68 recommandations dont une dédiée à l’agroéquipement.

Intitulé « Pesticides et agro-écologie : les champs du possible », le rapport totalise 252 pages et a nécessité six mois de travail. C’est dire si le chantier de la sobriété phytosanitaire est ardu. Il décrit par le menu 68 actions à entreprendre pour réussir là où Ecophyto 2018 à échoué, la consommation de pesticides ayant malencontreusement augmenté de 9,2 % en 2013 par rapport à 2012. Quand Ecophyto 1 visait une réduction de 50 % sur la période 2008-2018, Ecophyto 2 se fixe pour objectif de réussir – 25 % sur la période 2015-2020 et d'aller vers – 50 % sur la période 2015-2025. Des objectifs ambitieux et serrés mais crédibles au regard des résultats enregistrés sur les fermes pilote Dephy. La 27ème des 68 recommandations s’attache au levier offert par l’agroéquipement. Extraits.

Biange de céréales à la houe rotative

Grandes cultures : biner, localiser, ajuster

Selon le rapport, le binage ne concerne 3 à 5% des surfaces de blé, orge, maïs, colza, pomme de

terre, soja et betteraves. Le tournesol fait exception avec 30 %. Les pulvérisations localisées sur le rang sont à l’avenant et ne concernent que 1 à 2 % des surfaces de maïs, pomme de terre, colza, tournesol et betteraves. L’application localisée d’insecticides à l’automne et au printemps pourrait conduire à des économies de 30 % des surfaces de colza. Les instituts techniques estiment que les matériels de pulvérisation de précision ne sont utilisés que sur environ 2% des surfaces de grandes cultures. Le potentiel de diffusion pourrait atteindre 20 % des surfaces, voire 40% en pomme de terre. Autre piste : l’ajustement des doses aux besoins réels des cultures, par OAD interposées.

Les panneaux récupérateurs pourraient connaître une seconde vie après été développés pour appliquer l’arsénite contre les maladies du bois

Viticulture : pulvérisation confinée et désherbage mécanique

Le rapport prône le recours aux panneaux récupérateurs de bouillie permettant de confiner la pulvérisation. Les chiffres sont porteurs de gros espoirs : 90 à 95% des bouillies récupérées au premier traitement (stade 2-3 feuilles), 80% sur les trois premiers traitements, entre 15 % (Charentes) et 30 % (Bordeaux) au stade de pleine végétation. Environ 10% de la superficie du vignoble pourrait être concernée ce qui quadruplerait le taux actuel de pénétration de cette technique. En ce qui concerne les herbicides, 65% des surfaces de vignobles sont actuellement en entretien mixte avec du désherbage mécanique associé à des herbicides et/ou à l’enherbement de l'inter-rang, 15% sont traités en totalité avec des herbicides et 20 % sont en désherbage mécanique avec ou sans enherbement. La progression du désherbage mécanique devrait aller de pair avec la généralisation du couvert végétal naturel ou semé sur l'inter-rang qui concerne actuellement 50% du vignoble et pourrait atteindre 70% à horizon de cinq ans.

Souslikoff a présente à Vinitech-Sifel un outil intercep adapté aux vergers

Arboriculture : filets et désherbage mécanique

En arboriculture, le développement des bâches anti-pluie sur pommier pourrait permettre de réduire l’usage des fongicides anti-tavelure et autres maladies. La pratique est aujourd’hui marginale, limitée par des facteurs techniques (vent, irrigation). Le CTIFL estime le potentiel entre 50 % et 66 % de la surface de production du verger de pommiers. Les filets anti-insectes permettraient quant à eux d’éviter 3 à 6 traitements insecticides contre le carpocapse. Enfin en ce qui concerne les herbicides, les techniques alternatives au désherbage chimique sur le rang (travail du sol, paillage ou enherbement permanent) dans les vergers de pêcher, cerisier, prunier, abricotier, permettraient d’éviter 2 à 3 traitements, soit un gain de 1 à 2 IFT. Le potentiel de développement est très important et pourrait atteindre 80 % du verger d’espèces à noyaux.

La bineuse InRow de Garford travaille à la fois l’inter-rangs et l’inter-plants grâce à des socs rotatifs guidés par caméra

Cultures légumières : filets et sarclage

En cultures légumières, l’utilisation de filets contre les insectes est très efficace en cultures de plein champ, mais leur utilisation est délicate en raison des conditions microclimatiques particulières sous la bâche, qui peuvent provoquer l'emballement du feuillage et l'apparition de maladies, notamment le mildiou. Le potentiel d’économies d’insecticides est important. Le désherbage mécanique avec des bineuses plus ou moins sophistiquées est efficace, mais son coût est pour le moment trop élevé, car le marché des équipements est peu développé. Le désherbage entre les rangs ne règle pas le problème du désherbage sur le rang, même si certaines machines permettent parfois de désherber sur le rang, mais uniquement dans le cas de cultures plantées. Des perspectives limitées pourraient également exister avec des matériels combinant désherbage thermique et désinfection du sol de ses bioagresseurs.

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Commentaires 1

toutim

Certes il y a de bonne nouvelles méthodes mais ça coute cher.. avec des subventions tout est possible...Le jeu en vaut il la chandelle ? peut etre se contenter de remplacer les produits problématiques s'il y en a pourrait etre suffisant , en fait on a peu de données sur les méfaits éventuels des produits de traitement , seulement des incantations du lobbye bio tres écouté par les décideurs ...

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