Pulvérisation : L'injection directe toujours dans les starting-blocks

Raphaël Lecocq

L'IFV a testé avec succès le concept développé par Spray Concept. Le développement industriel de l'injection directe n'est pas encore acquis. Mais il se profile en bout de rampe.

L'injection directe est-elle l'exemple type de la fausse bonne idée ? La réalité tendrait à l'affirmer. Apparu il y a près d'une vingtaine d'années, le principe consistant à injecter la ou les spécialités phytosanitaires entre la cuve en eau claire et les rampes du pulvérisateur a beaucoup d'avantages : absence de fond de cuve, suppression du rinçage de cuve, réduction des risques de pollution accidentelle (débordement, renversement en cours de transport), réduction des risques de réaction chimique entre spécialités (précipitation, floculation), possibilité d'interrompre un chantier à tout moment, modulation des doses sans modifier les paramètres de pulvérisation (débit, taille des gouttelettes), possibilité de réaliser des programmes différenciés par parcelles ou par variétés. Bref, le système presque parfait. Sauf qu'à ce jour, les applications concrètes ne sont pas légion et restent le fait d'agriculteurs pionniers. Aucun constructeur de pulvérisateur ne propose cette technologie, qui reste l'affaire de sous-traitants spécialisés, contraints de greffer comme ils le peuvent leurs équipements sur des appareils pas vraiment pré-disposés.

Essais probants

Au moins trois fabricants maîtrisent la technologie de l'injection directe : Dosatron, Raven et Spray Concept. Ce dernier, basé à Artigueloutan (64), n'est pas le moins intéressant car son système Spid 2 a la capacité d'injecter des formulations solides (hors poudres WP), un handicap souvent cité en matière d'injection directe. Les variations de doses (30 g/ha à 4 l/ha) et de débit instantané (largeur de rampe et vitesse d'avancement) sont d'autres défis posés à cette technologie. L'Institut français de la vigne et du vin (IFV) a testé Spid 2 avec des formulations liquides et solides. Résultat : dans les deux cas, Spid 2 respecte la dose programmée durant tout la phase de pulvérisation. Le développement industriel du concept peut donc s'envisager, moyennant des dispositifs de contrôle en temps réel, garantissant le respect des doses dans le temps. Depuis cet essai, Spray Concept a encore fait évoluer son système et s'apprête à commercialiser Spid 3, qui présente tous les gages de fiabilité et de contrôle, en plus d'intégrer le géo-référencement par Gps.

Spid 2 a passé avec succès des tests réalisés par l'IFV, avec des formulations liquides et solides (Doc Spay Concept)

Spid 2 a passé avec succès des tests réalisés par l'IFV, avec des formulations liquides et solides (Doc Spay Concept)

 

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