Pulvérisation : Les mauvais chiffres prévisibles du contrôle des pulvérisateurs

Raphaël Lecocq

Le Gip Pulvés s'apprête à communiquer les statistiques 2010. Elles devraient pointer un retard conséquent dans la présentation des pulvérisateurs aux centres d'inspection. Incompréhensible.

Les chiffres du contrôle périodique obligatoire des pulvérisateurs ne devraient pas pulvériser des records. Mais la notion de record est à double sens… En 2009, année « zéro » du contrôle, seuls 10 000 appareils ont été inspectés, sur un potentiel estimé entre 45 000 et 60 000. Le parc français est en effet d'environ 300 000 unités. Compte tenu de la périodicité (5 ans), des exemptions (matériels neufs de moins de 5 ans, contrôles volontaires préalables au contrôle obligatoire) et des retards accumulés, un chiffre proche des 100 000 contrôles pourrait être escompté pour 2010. Nous devrions en être loin. Non que les 129 centres d'inspection disséminés sur le territoire aient été incapables de les absorber. Tout simplement faute de candidats au contrôle. De leur côté, les constructeurs n'ont pas ressenti d'effet « contrôle » dans les ventes de matériels neufs. Sur les chiffres, nous serons fixés précisément dans quelques semaines, lors du Sima, avec une communication du Gip Pulvés, l'instance de supervision des contrôles.

Pas vu, pas pris

Sur les raisons de cette désaffection, les questions restent posées : défaut d'information, tarifs prohibitifs, craintes du recalage, nième ersatz d'anticonformisme franco-français ? Toujours est-il que les contrevenants traitant par-dessus la rampe sont légion, le « pas vu pas pris » arrangeant, par dessus-le marché, à peu près tout le monde, Administration comprise si l'on en juge par le peu de rappels à la loi. Un attentisme, pour ne pas dire laxisme, d'autant plus paradoxal que, dans un autre domaine touchant à la pulvérisation, à savoir le Certiphyto dans sa phase expérimentale, les agriculteurs adhèrent pleinement. Rappelons que le contrôle d'un pulvérisateur immobilise l'appareil et son propriétaire durant 60 à 90 minutes, pour un prix de revient compris entre 160 et 230 euros, enseignements pédagogiques inclus, avec un taux de contre-visite compris entre 10 et 20 %. D'ici au 31 décembre 2011, outre les retardataires, sont appelés au contrôle les propriétaires d'appareil dont les 8ème et 9ème chiffres du Siren sont compris en 40 et 59. En Allemagne, le contrôle périodique obligatoire se pratique depuis la fin du siècle dernier, 1993 pour être précis, et en Belgique depuis 1995. C'est vrai : il est toujours agaçant d'aller quérir chez l'un ou l'autre de nos voisins européens des modèles de vertu, nous renvoyant, tout penauds, à nos manquements. C'est promis : une prochaine fois, nous, Français, serons les plus forts.

Malgré les retards, aucune pression ne semble peser sur le contrôle obligatoire

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