[Sima] « La pérennité de l’agriculture française passe par les agroéquipements »

Raphaël Lecocq

Patrick Pérard, président d’Axema, l’Union des industriels de l’agroéquipement
Axema

A la veille de la 77ème édition du Sima, Patrick Pérard, président d’Axema, l’Union des industriels de l’agroéquipement, évoque enjeux du salon pour les agriculteurs et pour les industriels.

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La crise que traverse l’agriculture risque-t-elle de pénaliser l’affluence et ses retombées pour la filière agroéquipement ?

Patrick Pérard : une chose est certaine : tous les constructeurs ont répondu présent et tous auront à cœur de présenter leurs innovations et leur vision des agroéquipements de demain, au service d’une agriculture durable. Le Sima n’est plus, depuis longtemps, une foire aux affaires. C’est une vitrine exceptionnelle qui permet aux agriculteurs de découvrir les nouveautés et les tendances, lesquelles influenceront leurs décisions d’investissement dans les mois sinon dans les années à venir. Ne nous méprenons pas : la pérennité de l’agriculture française passe par les agroéquipements. Venir au Sima, je crois que c’est un investissement à bon compte.

Entrevoyez-vous des signaux positifs pour 2017 ?

P.P. : deux critères sont susceptibles d’influer les investissements des agriculteurs : les prix et les rendements. Ces deux critères ont fortement plombé la campagne 2016. En 2017, on peut espérer un retour à la normale côté rendements. Côté prix, je suis moins optimiste. En céréales par exemple, les niveaux de stock au plan mondial dépassent très largement les seuils de sécurité. Mais un revirement de situation n’est jamais à exclure, sous l’effet par exemple d’une mauvaise récolte dans un gros pays producteur.

Comment évoluent l’emploi et la formation dans l’agroéquipement en cette période de crise ?

P.P. : il est certain que le contexte économique pèse sur la capacité des constructeurs à recruter. Mais connaissant les difficultés qu’il y à attirer dans nos métiers des jeunes diplômés, nos entreprises « serrent les boulons » pour pouvoir conserver au maximum ce capital humain.  En ce qui concerne la formation et la promotion des formations en agroéquipement, Axema ne lâche rien et poursuit son œuvre, via l’Aprodema, pour attirer des jeunes dans les formations correspondantes à nos métiers. Le travail commence à payer. Axema s’investit par ailleurs dans la définition des programmes d’enseignement, afin de faire correspondre au mieux les cursus avec les métiers.

Les start-up, dont on parle beaucoup mais dont le poids économique est relatif, font-elles de l’ombre aux entreprises établies ?

P.P. : à mon sens, il y a deux types de start-ups. Il y a celles qui créent de la richesse et il y a celles qui captent la valeur ajoutée créée par d’autres entreprises. En tant que chef d’entreprise, ce profil de start-up me laisse très circonspect. En revanche, les premières ont tout mon respect. Start-up ou pas : la création de richesse doit rester le moteur de toute entreprise.

Le co-farming, la partage de matériels et autres moyens de production, pèsera-t-il significativement dans le paysage agricole et avec quelles conséquences pour la filière ?

P.P. : le co-farming est une formidable solution de dépannage. Mais je crois qu’il est un peu illusoire de compter sur les autres pour équilibrer ses budgets. Cela pourrait donner l’impression que les agriculteurs investissent dans des machines aux capacités supérieures à leurs besoins pour pouvoir les mettre à disposition d’autres agriculteurs. La partage des moyens, qui existait avant le co-farming, n’est pas une source d’inquiétude pour les industriels.

Le salut de l’agroéquipement « made in France » passe-t-il par l’export ?

P.P. : en ayant à leur porte le premier marché européen de l’agroéquipement, les industriels français ont, dans leur ensemble, sans doute négligé les marchés export. Ce temps est révolu. Toutes les entreprises de taille intermédiaire sont désormais positionnées à l’export. Le Sima sert aussi cette stratégie. Mais, concurrence oblige, la tâche est rude. Le problème est en partie structurel. La France compte beaucoup de petites et moyennes entreprises, mal armées pour aborder l’export. La législation sur le droit du travail n’est pas étrangère à cet état de fait. Elle a probablement contribué à brimer le développement des entreprises, et pas seulement dans l’agroéquipement. Nous, constructeurs français, aurions beaucoup à gagner à mutualiser certains de nos moyens de développement à l’export.

A la veille d’une nouvelle législature, la filière formule-t-elle des attentes particulières vis à vis des pouvoirs publics ?

P.P. : nos entreprises ont un besoin vital et impérieux de compétitivité, en lieu de quoi on s’offre le luxe de surajouter des amendements aux règlements européens. J’aurais tendance à dire aux candidats : « ne changez rien ». En 2012, on nous annonçait un choc de simplification. En 2017, je constate que le bulletin de salaire d’un cadre ne tient plus sur une page. Je vais quand même décerner un bon point. La BPI, la Banque publique d’investissement, fait un travail formidable pour assister nos entreprises dans la conquête de marchés à l’export. Ça, il ne faut pas le changer !

Commentaires 2

Paysan du sud

Avec du matériel de Plus en plus cher, et des revenus entre autre pour les éleveurs de Plus en plus bas, les investissements dans le Fer sont la dernière chose à faire.

Adada

L avenir des concessionaires des banques mais des agriculteurs... Si de s en passer c l avenir

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