Un projet de qualification agro-environnementale des pulvérisateurs

Raphaël Lecocq

La vigne artificielle EvaSprayViti permet d’analyser précisément la qualité d’application des pulvérisateurs
Irstea / Ifv

La mise au point d’un banc de pulvérisation par l’Ifv et Irstea ouvre la voie à la qualification des pulvérisateurs viticoles. Le ministère de l’Agriculture se donne trois ans pour convaincre les industriels du bien-fondé de la démarche.

Au Sitevi 2013, l’Institut français de la vigne et du vin (Ifv) et l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’agriculture et l’environnement (Irstea) ont décroché une médaille d’argent pour  EvaSprayViti. Il s’agit d’un banc de pulvérisation, reproduisant artificiellement 4 rangs de vigne de 10 m de long chacun. Le banc est bardé de collecteurs mimant les feuilles de vigne pour quantifier des dépôts sur la végétation, au sol et, par déduction, la dérive dans l’atmosphère. Trois configurations différentes du banc correspondant à trois stades végétatifs de la vigne (début, milieu et pleine végétation) permettent de tester les pulvérisateurs selon l’évolution de la végétation. Bref, l’équipement hi-tech parfait pour tester les appareils du marché, techniquement interdit jusqu’à présent.

Eco-Epandage en exemple

Ce banc d’essai n’est pas sans rappeler le Cemob mis au point par Irstea pour évaluer la précision des tonnes à lisier et épandeurs de fumier. Lequel Cemob a permis de déboucher sur la certification environnementale Eco-Epandage, opérationnelle depuis le 1er janvier 2014, sous l’égide d’Axema, le Syndicat des industriels de l’agroéquipement et d’un organisme certificateur indépendant (Aucert). Pourquoi ne pas reproduire le même schéma avec les pulvérisateurs viticoles et arboricoles, les enjeux environnementaux attachés à la précision des applications de produits phytosanitaires n’étant pas moins cruciaux que ceux liés à l’épandage de matière fertilisantes ? Des études de l’Ifv ont montré que 20 à 70 % des volumes appliqués peuvent manquer leur cible selon les stades, les matériels en usage et les réglages.

Trois ans de travail

Philippe Reulet, expert pesticides environnement à la Draf Aquitaine, se donne trois ans pour aboutir à une qualification agro-environnementale des pulvérisateurs viticoles.  « Nous savons pertinemment que tous les pulvérisateurs ne sont pas égaux du point de vue de la qualité d’application, relève-t-il. Nous avons aujourd’hui avec EvaSprayViti un banc de  contrôle scientifiquement indiscutable. Nous avons le devoir d’orienter les viticulteurs vers des matériels qui sont à la fois garants de la qualité de pulvérisation et du respect de l’environnement. Les constructeurs se sont montrés réceptifs à ce projet de qualification des appareils, qui devrait demander deux à trois ans de travail ». Ce projet pose notamment la question de l’ergonomie et de la productivité de chantier des pulvérisateurs réalisant un traitement face par face. Par opposition, il devrait pointer les insuffisances pour ne pas dire l’ineptie des canons et autres voûtes traitant par dessus les rangs, pour ne pas dire par dessus la jambe.

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