Yto France à la conquête de l’Europe

Raphaël Lecocq

Après une première présence au Sima, Yto France s’affichera à Agritechnica

La filiale alimente sa maison-mère chinoise en transmissions, boîtes de vitesse et composants mais escompte développer en Europe ses ventes de sous-ensembles sinon de transmissions complètes.

Saint-Dizier, de la fonderie Champenois aux transmissions Yto

le Site de Saint-Dizier en Haute-Marne couvre 20,8 ha
Yto France

Le site industriel de Saint-Dizier a connu une histoire tourmentée, avec ses heures de gloire dans les années 1970 sous l’enseigne International Harvester avec plus de 5000 salariés, jusqu’à la menace de la liquidation en 2011 sous l’enseigne Mc Cormick. L’histoire du site démarre en 1937 avec les établissements Champenois, qui fabriquent des outils adaptés à la traction animale. En 1950, McCormick Deering International acquiert l’usine et développe la production de tracteurs Farmall, en produisant sur place moteurs et transmissions. Au début des années 1980, IH traverse de grosses difficultés financières aux Etats-Unis qui se solderont par le rachat de l’entreprise par Case en 1984 (pour devenir Case IH), occasionnant des restructurations industrielles. En 1989, l’usine de Saint-Dizier ne fabrique plus que des transmissions. Le rachat de Case IH par Fiat en 1999 pour constituer le groupe CNH impose, pour des questions concurrentielles, la revente de plusieurs sites industriels et marques, dont McCormick et Laverda qui passent dans le giron du groupe italien Argo. Aux prises à des difficultés économiques, Argo conserve la marque McCormick mais revend l’usine de Saint-Dizier au groupe chinois Yto en 2011. Le site couvre 20,8 ha.

Yto France a une singularité : l’entreprise basée à Saint-Dizier (Haute-Marne) exporte quasiment  100 % de sa production en Chine. Il faut dire que l’entreprise est une filiale du groupe Yto, une entreprise étatique chinoise qui fabrique bon an mal an 110 000 tracteurs de 20 ch à 400 ch et qui s’octroie 35 % de son marché domestique, entre autres matériels et véhicules. En 2011, Yto avait racheté au groupe italien Argo Tractors (Landini – McCormick) l’usine McCormick de Saint-Dizier spécialisée dans la fabrication de transmissions. L’opération avait permis au passage de sauver environ 200 emplois. Quatre ans plus tard en 2015, Yto France s’offre une première vitrine au Sima, poursuit ses activités industrielles à Saint-Dizier (189 employés pour 19 M € de chiffre d’affaires), éloignant au passage le spectre d’une délocalisation, et se dote d’une structure commerciale basée à Champigny-sur-Marne (94).

Développer les ventes en Europe

Au départ, les dirigeants chinois avaient évoqué le projet de lancer à l’horizon 2016 la fabrication de tracteurs « made in » Saint-Dizier et destinés au marché européen, avant de faire machine arrière. L’ouverture d’un marché européen aux transmissions et composants fabriqués en France est un objectif plus raisonnable. « Il faut être réaliste, y compris dans notre cœur de métier qu’est la transmission où nous avons des concurrents sérieux, concède Alain Sion, directeur marketing et commercial Europe d’Yto France. Mais notre savoir-faire, aux plans industriel et humain, en plus de satisfaire notre maison-mère, est de nature à nous offrir des opportunités en Europe. Aujourd’hui, nous démarrons la vente de composants voire de sous-ensembles de transmissions dont certains concessionnaires font la demande. Notre objectif est de commercialiser des transmissions complètes sur le continent européen ». Yto France dispose aujourd’hui d’un catalogue de six transmissions semi-powershift  (2, 4 ou 8 rapports) avec une option de robotisation (4 gammes) pour tracteurs de 90 ch à 230 ch. Pour développer son marché de pièces et composants, Yto France vient de créer un centre logistique et projette d’ouvrir un show-room, le tout à Saint-Dizier. L’entreprise sera présente à Agritechnica à Hanovre en novembre prochain.

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Commentaires 1

beber12

l'agriculture européenne suçite bien des convoitises. on doit pa être si mauvais que ça !

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