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Les ovins laitiers fers de lance de l’aquitaine

Bernard Griffoul - Réussir Pâtre Avril 2013

Les ovins laitiers fers de lance de l’aquitaine
Les élevages laitiers de plus de 50 têtes détiennent en moyenne 280 brebis et les livreurs produisent en moyenne 35 000 litres de lait. © GIS-ID 64

Les élevages laitiers, concentrés dans les Pyrénées-Atlantiques, dominent le paysage ovin d’Aquitaine. Les cheptels allaitants, peu spécialisés, viennent souvent en complément d’autres productions.

Pour en savoir plus

Les ovins laitiers fers de lance de l’aquitaine

Voir dossier de Réussir Pâtre d'avril 2013. R. Pâtre n°603, p. 20 à 28.

Avec un total de 613 000 brebis primées et 2793 éleveurs percevant l’aide ovine, la région Aquitaine se hisse au deuxième rang du cheptel ovin français. L’importance de la troupe ovine régionale est surtout le fait des élevages laitiers des Pyrénées-Atlantiques, qui représentent à eux seuls plus de 70 % des élevages ovins et près de 85 % des brebis (source BDNI, élevages de plus de 50 brebis). Ce qui explique sans doute la bonne résistance de la production ovine régionale, le cheptel laitier diminuant très peu.

Sept organisations de producteurs

Le cheptel ovin viande longtemps concentré dans le nord de la région se partage désormais entre deux départements, la Dordogne et les Pyrénées-Atlantiques, qui rassemblent plus des trois quarts des 700 élevages de plus de 50 brebis. L’élevage ovin allaitant régional est marqué par une très faible spécialisation. En 2011, la région compte 4 800 détenteurs d’ovins mais 13 % d’entre eux seulement ont plus de 50 brebis et 1 % plus de 350 brebis. Les élevages de plus de 50 brebis ont une troupe de 135 mères en moyenne et représentent 70 % du cheptel régional. Les ovins viande sont souvent exploités en complément d’autres productions, animales (bovins, volailles…) ou végétales (viticulture, vergers, grandes cultures). Les petits cheptels assurent aussi l’entretien de surfaces difficiles.
Cette faible spécialisation des élevages allaitants ne favorise pas la technicité des élevages ni leur engagement dans les organisations de producteurs, en particulier dans les filières de qualité, comme l’agneau du Périgord, dont les besoins ont du mal à être satisfaits. La filière ovine d’Aquitaine est structurée autour de sept organisations de producteurs. Quatre dans les Pyrénées-Atlantiques, qui commercialisent principalement des agneaux de lait : l’Alliance ovine basco-béarnaise (AAOB), la coopérative agricole ovine du Sud-Ouest (CAOSO) et les coopératives Axuria et Lur Berri. Trois dans le nord de l’Aquitaine : le Groupement ovin de Gironde (GEG) et les coopératives Univia (Dordogne) et Expalliance (Lot-et-Garonne), qui viennent de fonder une union de coopératives (Agnel).

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Selon la BDNI, les cheptels lait et viande des Pyrénées- Atlantiques se répartissent de la manière suivante : 1 810 élevages laitiers pour 503 356 brebis et 297 élevages allaitants pour 36 612 brebis.

Un centre d’insémination

La filière ovine d’Aquitaine s’appuie également sur deux organismes essentiels pour son développement. Le site expérimental de la Sica CREO, en Dordogne, qui détient une troupe de 400 brebis romane, conduit des essais sur les fourrages et la production ovine. Dans les Pyrénées-Atlantiques, le Centre départemental de l’élevage ovin d’Ordiarp gère les schémas de sélection des trois races laitières locales (manech tête rousse, manech tête noire, basco-béarnaise). Troisième centre d’insémination ovine, il assure aussi le contrôle laitier et l’appui technique des éleveurs.
Avec plus de 500 000 brebis, 1800 producteurs et une collecte laitière de 55 millions de litres, le département des Pyrénées-Atlantiques est le second bassin de production de lait de brebis en France. C’est assurément la filière la plus dynamique du département : elle a fourni en 2011 la moitié du bataillon des jeunes agriculteurs qui se sont installés. Le lait de brebis est un véritable poumon économique pour les vallées montagnardes : 85 % des exploitations sont localisées en zone de montagne ou de haute montagne, souvent dans des territoires où aucune autre production ne serait viable.

Poumon économique de la montagne

Avec 80 % d’exploitations individuelles et une importante main-d’œuvre bénévole, c’est aussi une filière qui fait vivre une agriculture typiquement familiale sur des structures très modestes. Leur surface moyenne ne dépasse pas 30 hectares et 70 % ont recours à la transhumance. Les trois quarts ont un petit troupeau de vaches allaitantes en complément.
Le lait collecté est transformé par huit entreprises qui fabriquent essentiellement des pâtes pressées non cuites, parmi lesquelles l’AOP ossau-iraty qui représente environ le tiers des fabrications. Près de 80 % du lait collecté est conforme au cahier des charges. L’un des enjeux de la filière est d’accroître la part transformée en ossau-iraty pour augmenter la valorisation du lait. 350 producteurs ont fait le choix de la transformation fermière et de la vente directe, ce qui place les Pyrénées-Atlantiques en tête des départements par le nombre de producteurs fermiers. Bref, c’est bien le lait de brebis qui permet à la montagne basco-béarnaise de conserver une vitalité encore remarquable.

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