Ours : les éleveurs ariégeois exaspérés

Ours : les éleveurs ariégeois exaspérés

Feux de broussailles ou explosions de pétards au milieu des pâturages : tout est bon pour les éleveurs de l'Ariège pour effaroucher l'ours qu'ils menacent d'un sort funeste si rien n'est fait pour protéger leurs brebis.

Ours : les éleveurs ariégeois exaspérés

Une soixantaine d'éleveurs excédés par les attaques régulières de plantigrades dont ils se disent victimes depuis la sortie de l'hibernation au printemps, ont mené samedi à Saint-Lary une battue d'effarouchement censée éloigner les ours de leurs estives.

L'opération, à caractère symbolique, s'est déroulée dans le calme et était surtout destinée à alerter médias et pouvoirs publics quant à leur exaspération. Les "anti-ours" avaient dans leur grande majorité respecté la consigne de ne pas porter d'armes pendant cette battue dont ils reconnaissent eux-mêmes l'illégalité.

Les opérations d'effarouchement sont en principe menées par les agents de l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) sur décision de la préfecture.

Bâton de berger à la main, les éleveurs ont cheminé sur les sentiers forestiers pour monter jusqu'à l'estive du Barestet, un tapis herbeux et fleuri flanqué de sommets encore enneigés, où paissent pendant l'été un millier de brebis appartenant à différents exploitants.

Cloches de vaches, pétards, canons effaroucheurs d'oiseaux, il s'agissait de faire le maximum de bruit.  "Il y a un gros sentiment d'exaspération et d'abattement complet", commente Gérard Dubuc, maire de Saint-Lary et membre de l'Aspap, une fédération d'associations opposées à la présence de l'ours. "On voit aujourd'hui des éleveurs qui ne veulent plus monter aux estives, des pâtres qui découragés, stressés, abandonnent la profession. Trop c'est trop !".

Au milieu d'immenses sapins centenaires, trois carcasses de brebis gisent éventrées, dégageant une odeur nauséabonde. "Et voilà le travail", fulmine Jean-Luc Fernandes, président des chasseurs de l'Ariège, pour qui il ne fait aucun doute que l'ours est le coupable.

Selon l'Aspap, les attaques des ours sont régulières et leurs victimes se chiffrent par dizaines, alors que les troupeaux sont montés tardivement dans les estives cette année en raison de la neige tombée en masse durant l'hiver.

L'ours réintroduit à partir de 1996 ne subsiste plus en France que dans le massif pyrénéen, et l'essentiel des 22 plantigrades recensés vivent dans les Pyrénées centrales.

Ours : les éleveurs ariégeois exaspérés

"Espèce parapluie"

Les défenseurs de la biodiversité parlent d'une espèce "parapluie", qui, lorsqu'elle fait l'objet de mesures de conservation, protège de nombreuses autres espèces. Ceux qui sont hostiles à sa présence le considèrent comme une menace et un frein au développement économique. Ils dénoncent une volonté de voir les Pyrénées retourner à l'état sauvage au détriment des activités humaines qui ont contribué à façonner l'aspect actuel de la montagne.

"On dit à l'État: soit vous les mettez où vous voulez, soit c'est nous qui nous en occuperons+", menace Bruno Besche-Commenge, porte-parole de l'Aspap. "Les parcs électriques, les patous", gros chiens de montagne blancs utilisés pour protéger les troupeaux, "c'est du folklore,  et au niveau humain, on ne sera jamais assez nombreux pour éviter les attaques", affirme l'éleveur Jean-Claude Pujol.  L'ours, "si je le croise en montagne, c'est lui ou moi", dit-il sans trembler.

Les défenseurs de l'ours ont immédiatement dénoncé cette opération, l'association Ferus demandant à l'Etat "une réaction rapide, active et sans équivoque en faveur de la protection et du maintien de l'ours en France". Selon l'association, "'entre 18.000 et 30.000 brebis meurent chaque année dans les estives des Pyrénées" de causes diverses, un chiffre à mettre en rapport avec les 272 victimes de l'ours officiellement recensées en 2012.

"Lorsque les troupeaux ne monteront plus, c'est l'ours qui descendra", prédit lui, alarmiste, le vice-président PS du Conseil général de l'Ariège, Robert Zonch, commentant la battue.  L'élu, qui milite pour une" éradication de l'ours" dans ce territoire, a annoncé qu'un courrier serait adressé au président François Hollande pour réclamer le "cantonnement des ours sur les communes qui les ont souhaités", "l'autorisation du port d'arme pour les professionnels de la montagne" et une "vraie battue".

Source AFP

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Commentaires 1

pietin 113

Les "BOBOS ECOLOS" n'ont qu'a cantonner les ours dans leurs appartements citadins!

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