Quand les producteurs de montagne prennent en main leur destin

PATRICIA OLIVIERI

Les premières briques de lait de la marque de producteurs Mont Lait, créée et gérée par l’APLM, seront dans les rayons du centre Leclerc d’Aurillac autour du 20 mai.

Après les briques de lait, l’APLM compte lancer d’ici la fin d’année une tomme de montagne, puis du beurre dans un esprit de partenariat gagnant avec les entreprises impliquées dans cette filière.

Si ces derniers mois ont vu fleurir les initiatives pour valoriser les viandes issues du troupeau allaitant cantalien, la production laitière n’est pas en reste avec l’arrivée dans les prochains jours dans les rayons du centre Leclerc d’Aurillac des premières briques de lait estampillées de la marque de producteurs Mont Lait. Une première dans les annales laitières lancée lundi dans le Cantal, décidément terre d’innovation. Une première et la concrétisation d’un long périple de plusieurs années pour l’APLM, l’Association des producteurs de lait de montagne, officiellement créée le 26 décembre 2010. Son objectif : redonner des perspectives et les raisons d’y croire à des producteurs de lait soumis aux mêmes aléas, à la même volatilité que leurs collègues mais aussi à des contraintes - notamment géographiques - qui plombent ici bien plus qu’ailleurs les revenus. Thierry Cantournet est de ceux-là.

Plus de 1 000 producteurs engagés

Installé sur l’exploitation familiale à la fin des années 80, il a gagné, à force de progrès génétiques et techniques, pas loin de 1 500 litres de productivité par vache, pour atteindre 8 000 litres de moyenne d’étable aujourd’hui avec ses 45 laitières, soit plus de 20 % en deux décennies. Il s’attelle désormais au volet alimentation du troupeau pour parfaire encore ses performances, mais estime que “même si on peut encore gagner en productivité, on atteint aujourd’hui des limites”. Des limites qu’expliquent également le parcellaire très morcelé et l’impossibilité d’agrandir le bâtiment existant. “Le métier est de moins en moins attrayant. Si on veut maintenir et des producteurs et des entreprises sur nos territoires, il faut rechercher un maximum de solutions et celle-là en est une”, fait valoir le producteur de Prunet, l’un des tous premiers à avoir adhéré, début 2011, à l’APLM créée “par et pour les producteurs”.

Comme lui, ils sont aujourd’hui 1 038 producteurs du Grand Massif central pour 597 exploitations et un potentiel de 176 millions de litres de lait à s’être engagés dans la démarche (via une adhésion de 15 €/10 000 litres). Essentiellement des éleveurs de l’Aveyron, de Haute-Loire, et 65 dans le Cantal, du fait de la place prépondérante des AOP. Des producteurs qui sont les véritables chevilles ouvrières de ce projet inédit : ils ont conçu, financé les premières étapes de cette démarche de différenciation basée sur la notoriété positive de la montagne et de ces produits aux yeux des consommateurs. Ce sont eux, sous l’égide du président de l’APLM, Dominique Barrau, qui ont démarché des transformateurs, décroché des rendez-vous avec la grande distribution...

Des opérateurs de la filière qu’ils ont convaincus du bien-fondé de ce lait montagne puisque l’APLM a signé un contrat de licence avec la coopérative Terra Lacta qui vient de mettre en production, dans son usine de Theix, les premières briques de lait (demi-écrémé) Mont Lait conditionnées sur place, selon le cahier des charges de l’APLM issu de la loi Montagne (lire encadré). Un projet de tomme de montagne est également en voie de finalisation avec un autre groupe coopératif, Sodiaal, de même qu’une piste pour du beurre, l’objectif de l’APLM étant, à terme, de transformer le maximum de volumes en offrant une gamme complète.

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