Pleinchamp.com, votre site d’expertise agricole - Retour à l'accueil
Facebook Twitter Google+ Youtube

Vos Services Experts

  • Météo
  • Grandes cultures
  • Élevage
  • Viticulture
  • Viticulture
  • Énergie
Agriculteurs, clients du Crédit Agricole, informez-vous ici

Mon espace
Pleinchamp

Mot de passe oublié ?
Imprimer
JA Mag - Paris

21/06/16
Maine-et-Loire - Social-Emploi

La bio sans préjugés

Rencontrer Antoine Lardeux est un bon moyen de combattre ses préjugés sur l’agriculture biologique

Depuis l’installation de sa femme Élodie en 2007 et la création de leur troupeau de chèvres laitières, le couple s’emploie à conjuguer bio et performance. Cet atelier est venu enrichir une exploitation déjà diversifiée (35 vaches allaitantes charolaises et 20 ha de pommiers avec transformation et vente directe, gérés par deux associés). Leurs atouts ? La ferme de la Hanère est en bio depuis 1989 et dispose de 95 ha de terres à fort potentiel dans le bocage segréen, dans le Nord du Maine-et-Loire. « Dès 2008, nous avons compris que nous devions proposer du lait quand les autres n’en avaient pas », raconte Antoine.

Les éleveurs ont donc choisi de développer le lait d’hiver, « très recherché ». Pour désaisonner leur troupeau, ils pratiquent un traitement lumineux (les hormones sont interdites en bio). Parmi leurs 320 chèvres saanen, les deux tiers mettent bas en septembre, les autres en mars.

À raison de 250 000 litres par an, Élodie et Antoine produisent du lait toute l’année. « Le plus important pour produire du lait bio, c’est la génétique et des fourrages de qualité », résume l’agriculteur et président de JA 49. C’est pourquoi toutes leurs chèvres sont inséminées, même si, sans hormones, cette pratique engendre un surplus de travail.


Investir dans l’aliment.

Leur troupeau a obtenu la certification bio en 2012 et le couple de jeunes éleveurs livre son lait à Bernard Gaborit. Cet agriculteur bio, qui possède un atelier de transformation, recherche du lait produit sans ensilage. Antoine s’est plié à cette exigence, bien qu’il l’estime « contre productive ». « L’ensilage a une mauvaise image. Mais depuis que nous avons arrêté d’en produire, notre impact environnemental est moins bon ! Nous utilisons du gaz naturel pour sécher le maïs grain. Et la dégradation des tiges qui restent dans le sol consomme beaucoup d’azote. Nous avons perdu 5 à 10 quintaux... » L’éleveur estime le surcoût de production sans ensilage à 60 €/1 000 l, alors que le lait leur est payé plus de 870 €/1 000 l. Qui plus est, cette transition ne s’est pas faite sans heurts. « Notre ration était déséquilibrée et nos chèvres ont souffert d’acidose, de problèmes métaboliques. » Par ailleurs, le bâtiment de l’époque étant mal isolé, les variations de température ont provoqué d’important problèmes sanitaires. En tout, Antoine et Élodie ont perdu 80 chèvres et leur production moyenne a presque été divisée par deux, tombant à 470 kg par chèvre et par an. « Or, nous devons faire nos 250 tonnes de lait pour dégager un revenu », insiste le jeune éleveur. Tout va mieux depuis la construction d’un nouveau bâtiment ventilé et à température contrôlée en septembre 2015. Le couple est parvenu à redresser la production moyenne à 870 kg. Mais les animaux qui ont survécu portent encore des séquelles. Tout n’est pas encore réglé, car Antoine vise désormais à « maintenir le niveau de production en hiver ». « La chèvre est un animal fragile et exigeant en qualité de fourrage. Elle n’aime pas le changement, confirme Antoine. Elle est à peine adaptée à la bio, où par définition, on leur donne à manger ce qu’on produit. » Après cet épisode difficile, les éleveurs ont changé leurs pratiques. « Nous avons réinvesti dans de l’aliment », explique-t-il. Antoine produit des céréales et des légumineuses sur une vingtaine d’hectares (triticale, féverole, pois et avoine). Comme ces cultures sont trop acidogènes, il préfère les revendre et acheter « un aliment plus bétonné ». « Il y a un surcoût, mais c’est plus rassurant du point de vue sanitaire ».


Approche pragmatique de la bio.

Le cahier des charges bio impose le pâturage pour les chèvres après le sevrage. Or, « les chèvres sont faites pour manger les feuilles, la tête en haut, et pas de l’herbe, la tête en bas. Elles ne peuvent donc pas se protéger contre les parasites du sol comme les strongles. » Ce qui oblige à une gestion rigoureuse du pâturage pour limiter les risques. « Quand nous sortons nos chèvres, c’est pour manger, pas pour faire de l’exercice ! » Au menu, donc : du colza fourrager en dérobé (après une céréale) ou l’herbe des prairies multi-espèces associant graminées et légumineuses.

« La chèvre mange tout ce qu’on lui donne si c’est de qualité », explique Antoine. Avec Élodie, ils mènent une réflexion globale sur la biodiversité associant haies, couverts végétaux et respect du sol (lire ci-dessous). Loin des idées reçues, ils pratiquent une approche pragmatique de la bio. « La bio ne résoudra pas les problèmes environnementaux ! lance-t-il. Certes, en se passant de phytos, nous respectons notre sol. Mais nous labourons quand même. » Antoine essaye de limiter les conséquences du travail du sol en labourant à vitesse et profondeur réduites. « Notre vraie force, c’est l’élevage. Le fumier permet de ramener de la vie dans le sol, de compenser un peu nos mauvaises pratiques... » Des pratiques qu’Antoine compte continuer à améliorer, en arrêtant progressivement le labour, en testant de nouvelles techniques ou encore en valorisant des couverts végétaux dans l’alimentation de ses chèvres. ◆-


Haies et couverts végétaux pour plus de biodiversité

« Certains arrachent leurs haies. Nous, nous les maintenons systématiquement, explique Antoine Lardeux. Nous les voyons plutôt comme un atout qu’une contrainte. » À la ferme de la Hanère, toutes les parcelles sont entourées de haies 50 km au total). De précieux réservoirs à auxiliaires, carabes et autres coccinelles, qui s’épanouissent en l’absence de traitements insecticides et apportent une aide déterminante en bio. Élodie va même plus loin : avec l’ombre qu’elles procurent, elles qualifient les haies de « primordiales en élevage ».

Au pied des haies, Antoine et Élodie laissent 20 cm qui ne sont jamais broyés, puis une bande d’1 m sans travail du sol. Les branches sont taillées au lamier uniquement. Le broyage est réalisé avant le 15 avril. « Puis je ne touche plus rien jusqu’au 15 juillet pour laisser les insectes se reproduire. Il ne faut pas être dans l’esthétique, mais au contraire laisser la nature tranquille. Je ne m’interdis pas de casser un bout de haie s’il le faut vraiment, mais à ce moment-là, je replante ailleurs. » Quels sont les résultats ? « Je ne les connais pas vraiment. Par contre, je n’ai jamais mis d’anti-limaces et nous n’avons plus de taupins qui était notre principale tare avant... Est-ce dû aux haies ou aux couverts végétaux ? » À la Hanère, aucun sol n’est nu en hiver depuis 1989.

source : Yannick Groult - JA mag n°725 avril 2016


JA Mag
Imprimer
Veuillez vous connecter pour poster un commentaire.

Commentaires2

  • Posté le lundi 20 juin 2016

    agribio
    pour info
    pour etre positif les recoltes vont etre catatrophqiues cette année en bio , je reste positif avec catastrophique car un responsable de coop m'a dit cataclysmique
    peu ou pas de feveroles de pois hiver ou printemps , de lentillons , de lentilles de printemps sur quasi tout le nord de la france

    cereales d'hiver tres impactées par les maladies de fin de cycle , moins ferequemment par virose de l'automne mais aussi, ils pensent -30 a -50% d une année normale , mais car il y a un mais , c est pourri de fusariose , tres peu de lot seront comestible pour l alim humaine ou animale , ils se demandent comment ils pourront fournir de la semence , s'ils peuvent ce sera a coup de triage optique et la semence sera tres chere
    meme si les prix remontent trop peu auront de la camelote saine
    visiblement ils preparent des cellules de crise , et auront beaucoup de dossier agridiff

    voila un tres mauvais coup porté a l'AB on a vecu ces 10 dernieres années plus d'années seches tout allait bien
    quelqu un d un conseil regional a meme dit qu'il se demandait s'il fallait donner autant de fonds publics pour une production qui s y on appliqué l'AB a toute la France mettrait en peril notre autonomie alimentaire...ca barde
  • Posté le dimanche 19 juin 2016

    nico
    BRAVO! Enfin un JA pragmatique et ouvert sur la vie tout en ayant un souci de performances. L'agriculture de demain passera par ce type de réflexions. J'aurais presque un autre regard sur les nouveaux responsables syndicaux.

Derniers commentaires postés

Aide téléphonique

Besoin d'informations ? Cliquez ici ou contactez

(depuis un téléphone fixe en France métropolitaine,
 hors surcoût éventuel selon opérateur)
lundi-vendredi : 9h-18h ; samedi : 9h-16h