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L'union du Cantal

07/03/12
Cantal - Social-Emploi

Les entrepreneurs de travaux agricoles, forestiers et ruraux recrutent

Les entrepreneurs des territoires de toute la France se sont retrouvés la semaine dernière à Clermont-Ferrand. Un temps fort où il a été question de l’attractivité du métier auprès des jeunes.

 

“Le secteur des entreprises de travaux s’engage pour les jeunes.” En choisissant ce thème pour leur 80e congrès, la fédération nationale des entrepreneurs de travaux agricoles (FNEDT) a planté le décor d’un secteur pourtant pourvoyeur de main d’œuvre mais qui peine à attirer les jeunes. “Nos métiers sont trop mal connus. Il y a un travail de communication à mener pour dire combien nos métiers sont divers et offrent des opportunités intéressantes”, explique Gérard Napias, président de la FNEDT. Actrices clés de l’emploi dans le monde rural, les 23 000 entre­prises de travaux agricoles, forestiers et ruraux emploient 74 000 salariés permanents et saisonniers. Elles assurent des prestations pour le compte des agriculteurs, éleveurs, propriétaires et exploitants forestiers, industriels de la première transformation, collectivités, établissements publics gestionnaires d’espaces naturels ou de réseaux.


Restructuration agricole

Dans le contexte de crise qui affecte actuellement la plupart des secteurs de l’économie, si l’agriculture tire finalement son épingle du jeu, il en est de même pour les entreprises de travaux agricoles. “Depuis une dizaine d’années, notre activité progresse en moyenne de à 5 à 10 % par an”, souligne Patrice Grand, président de l’Union régionale des entrepreneurs des territoires d’Auvergne. Un constat partagé par Gilbert Missonnier, président EDT Cantal, qui voit dans cette progression des chantiers “la conséquence première de la restructuration agricole”. Les exploitations ont augmenté en volume, et du coup, le facteur travail étant très vite limitant, les agriculteurs recrutent des salariés ou font appel à des prestataires de services. Chez ces prestataires aussi la question de la main d’œuvre devient de plus en plus criante. La prestation de travaux et services agricoles, forestiers et ruraux repose en effet sur une logique de chantier : un homme, une machine, un savoir-faire. Le secteur utilise ainsi des technologies de pointe pour gagner en compétitivité. “Les entrepreneurs de travaux agricoles sont souvent les premiers clients du machinisme agricole et forestier”, insiste Patrice Grand.


En pointe

 

Des outils ultra-sophistiqués, performants au champ et facilitant le travail de l’opérateur et une demande exponentielle : ces arguments auraient de quoi faire mouche auprès de la jeune génération. “Pas tant que ça”, semblent affirmer unanimement les entrepreneurs. “Ce qui m’a frappé chez les jeunes, c’est leur méconnaissance du secteur des entreprises de travaux agricoles. Leur connaissance s’arrête aux travaux saisonniers, aux jobs d’été, ils n’ont pas conscience que les EDT peuvent être pourvoyeurs de main d’œuvre à temps plein et toute l’année”, témoigne Éliane Quenu, trésorière de la FNEDT. Pour combler cette lacune, la fédération adhère depuis 2007 à l’Aprodema, l’Association de promotion des métiers et des formations en agroéquipement. L’Aprodema identifie parmi les emplois dans l’agroéquipement plusieurs branches de débouchés : les constructeurs, les distributeurs et les utilisateurs, parmi lesquels les entrepreneurs de travaux agricoles. “Nous recherchons du monde dans tous les secteurs. Par manque, nous faisons évoluer les gens d’un secteur à l’autre. Attirer des jeunes est devenu une nécessité”, insiste Philippe Lagache, membre du bureau de l’Aprodema.


Enquête

 

Au printemps 2011, la fédération nationale a réalisé une enquête auprès des jeunes en formation dans l’enseignement agricole. Soixante-dix pour cents des jeunes interrogés ont déclaré avoir envie de travailler dans la filière des entreprises de travaux agricoles ou forestiers. Plus de 88 % des sondés souhaitent que des entrepreneurs de travaux agricoles et forestiers interviennent dans les établissements pour leur présenter leurs métiers et activités et les possibilités de stage. “Il en faut de peu pour convaincre un jeune. L’alternance et le travail serré que nous menons avec les chefs d’entreprise finissent par porter leur fruit”, souligne Muriel Aimonetto-Martinetto, directrice de la MFR de Mozas en Isère. À cette question cruciale de la persuasion pour faire s’engager les jeunes dans leurs filières, les entrepreneurs de travaux constituent souvent les meilleurs ambassadeurs. “Nous sommes là pour les former, pas pour leur faire faire les sales besognes. La valorisation de la personne est essentielle”, estime Emmanuel Vallade, à la tête d’une entreprise de travaux viticole dans la Marne. Connecter l’offre et la demande, poursuivre la communication sur les métiers de l’agriculture, professionnaliser à la technique et à la gestion, et mettre en avant la transversalité de la filière, telles sont les quatre priorités qui sont ressorties à l’issue du congrès. Acteurs du recrutement (Anefa, Pôle emploi), de la formation, professionnels du secteur (Aprodema, FNEDT) se sont engagés à travailler à leur mise en œuvre.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.


Sophie Giraud
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