Au milieu des tours de la Défense : Vendanges du clos de Chantecoq

Surplombée par des mastodontes de verre et d'acier, la vigne du Clos de Chantecoq, qui s'épanouit sur un minuscule lopin de terre à l'extrémité du quartier d'affaires de la Défense (Hauts-de-Seine), a été vendangée dimanche sous les yeux surpris de passants et de touristes.

Tout au bout de la célèbre et immense esplanade bétonnée de la Défense, dissimulés derrière un bassin et une grille métallique, 750 pieds de vigne s'alignent en six rangs disposés en arc de cercle, sur un tapis de pelouse.

Le vigneron Alexandre Golovko, épaulé par quatre membres de sa famille, s'affaire à vendanger cette vigne pour moitié composée de Pinot noir, « le seigneur des raisins noirs », et l'autre de Chardonnay, « le seigneurs des raisins blancs », commente-t-il.

Un terrain indigne pour des cépages aussi prestigieux ?

Pas vraiment: le couloir d'air parfaitement axé entre la place de l'Etoile et la Grande Arche s'avère plutôt bénéfique, car le vent chasse l'humidité après la pluie. Et la vigne bénéficie de la chaleur emmagasinée par la dalle de béton, qui constitue son unique sous-sol. M. Golovko voit dans ces pieds, plantés en 2007 par l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (EPAD) dans une terre spécialement acheminée depuis le nord de l'Ile-de-France, « une vitrine, une sorte d'hommage au vignoble français », dont la proximité avec la ville, « a priori contre-nature, s'avère plutôt harmonieuse ».

« J'avais déjà vu la vigne mais je pensais qu'elle était à l'abandon. C'est sympa, ça prouve qu'il n'y a pas que du béton à la Défense ! », se réjouit Patricia, qui vit dans le quartier depuis sept ans.

Alors que la récolte se poursuit, M. Golovko lâche un instant son sécateur pour « pressuriser » une grappe de Pinot noir, qui rend un jus très clair, caractéristique d'une vigne encore un peu jeune. « A mon avis, ça fera un bon rosé », tranche-t-il. « Ce sera un vin ultra-naturel », tient à préciser M. Golovko. « Sans aucun artifice technique et sans retouches: on ne joue ni sur l'acidification, ni sur les enzymes. »

Une fois mis en bouteilles, le Clos de Chantecoq ne sera pas destiné aux circuits de vente traditionnels. « Ce sera surtout un outil de communication et de promotion », explique-t-on à Defacto, l'établissement public chargé de l'animation et de la gestion du site. Les bouteilles pourront ainsi être distribuées « à des associations locales » ou faire l'objet de ventes caritatives.

Source AFP

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