Avenir des vins français : Trois questions à Jacques Berthomeau

Propos recueillis par Claudine Galbrun

En 2001, Jacques Berthomeau remettait son rapport éponyme sur l'avenir des vins français au ministre de l'Agriculture et conduisait le groupe de pilotage baptisé Cap 2010. Le cap a donc été franchi mais pour quel résultat ?

Avez-vous le sentiment que vos préconisations ont été entendues ?

J'ai le sentiment que les choses avancent, certes avec lenteur mais dans le sens donné par le groupe Cap 2010. Pour une simple raison : on n'a pas découvert une autre voie de sortie possible qui permette à la France de conserver sa viticulture.

Que faudrait-il faire maintenant ?

Il va falloir aller au-delà des déclarations d'intentions par exemple en ce qui concerne la nouvelle segmentation AOP-IGP. Il ne serait pas sérieux que certaines grandes AOC se contentent de passer telles quelles dans la catégorie des AOP. Soit elles durcissent leurs conditions de production pour ce faire, soit elles tiennent compte de l'économie et se rattachent aux IGP et ce n'est pas dévalorisant. On pourrait ainsi faire vivre des viticulteurs sur des statuts différents. Et de petits vins de pays auraient par contre tout intérêt à devenir AOP. Il y a trop de vins qui se ressemblent sur le même marché. Sur ce point, comme il l'a déjà fait à propos des interprofessions, le ministre de l'Agriculture doit faire la grosse voix.

Jacques Berthomeau, inspecteur général de l'agriculture : « Les choses avancent ». (A. Savard)

Jacques Berthomeau, inspecteur général de l'agriculture : « Les choses avancent ». (A. Savard)

 

Quelles recommandations formulées à l'époque vous semblent encore indispensables ? Les 3 majeures ?

Il faut d'abord que la gouvernance de chaque bassin de production soit assurée par les professionnels et que les grands opérateurs se mouillent. Il faut ensuite parler de la France et pour se faire, les interprofessions doivent être capables de mutualiser de l'argent, de mettre en place un pot commun pour aller ensemble sur les grands marchés. Enfin, il faut relancer des partenariats ce qui suppose de créer de la valeur. Le tout est de ne pas attendre encore dix ans en regardant passer les trains.

Source Réussir Vigne Février 2010

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