Bordeaux : un millésime 2013 compliqué et très inégal

Bordeaux : un millésime 2013 compliqué et  très inégal

Plusieurs milliers de dégustateurs venus du monde entier et réunis durant la semaine des primeurs des vins de Bordeaux depuis lundi ont exprimé leur "agréable surprise" quant à la qualité du millésime 2013, pourtant élevé dans des conditions climatiques difficiles et qui se révèle très disparate.

A Bordeaux, toute la filière tente de sauver ce millésime 2013 qui a connu parmi les pires conditions climatiques lors de son évolution, avec une floraison contrariée et une attaque de botrytis (pourriture) avant les vendanges lors d'un automne pluvieux.

"Ce n'est certes pas un grand millésime mais c'est un millésime de plaisir", assure l'oenologue-viticulteur Michel Rolland, qui conseille quelque 200 propriétés dans le Bordelais et plusieurs dizaines dans le monde. Il estime  que les vins sont plutôt corrects pour un millésime de cette qualité.

Un potentiel de garde inférieur

Mais les vignerons possèdent aujourd’hui des moyens techniques qu’ils n’avaient pas avant. Le dernier millésime aussi compliqué c'était en 1992. Mais, à cette époque, on se savait pas effeuiller le vignoble, faire les vendanges vertes, trier, faire des dichotomies à l'intérieur d'une parcelle pour ramasser des raisins mûrs et les vinifier séparément.... "On n'avait simplement pas les réponses aux questions que nous posait la nature. Or, cette année, on s'est aperçu qu'on les avait et on a fait des vins largement plus qu'honnêtes", a-t-il estimé.

Michael Fillion, négociant pour la société bordelaise Yourwine, qui déguste durant cette semaine quelque 700 vins en primeur, s'est déclaré "agréablement surpris de la qualité, même si ce millésime a un potentiel de garde inférieur à celui de ses prédécesseurs. Nous sommes sur un objectif de consommation spontanée, qui correspond à la tendance de ne pas laisser les vins vieillir pendant 10 ans", a-t-il remarqué.

"Les millésimes intermédiaires c'est une très bonne chose. Les 2009 et 2010 si on veut les boire bons, il faut attendre 15 ou 20 ans", a également estimé Michel Rolland.

2013, année des liquoreux

Les louanges se font en revanche grandes en ce qui concerne les vins liquoreux, lesquels doivent leur particularité à l'exposition précoce à la pourriture, ici qualifiée de noble, du botrytis.

Les blancs secs bordelais ont également tiré leur épingle du jeu grâce à la maturité précoce des cépages Sauvignon blanc.

Toutefois, le bémol généralisé de ce 2013 est la faible quantité de vin produit. "Il y a eu une telle volonté de bien faire qu'il y a des volumes réduits", a relevé Michel Rolland. La production de Bordeaux en 2013 a été de 30% inférieure à 2012, année déjà de faible volume.

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