Bordelais : Quand le douanier se fait vendangeur

Sécateur à la main, les douaniers munis de leur brassard jouent à l'occasion aux vendangeurs dans le Bordelais pour cueillir des échantillons de raisins qui permettront, après vinification dans un laboratoire officiel, d'établir un étalon du millésime.

« Pour nous, c'est un peu la récréation ! », dit le douanier Gérard Barbe en récoltant les raisins sur une parcelle de merlots d'une propriété de l'appellation Fronsac, à Saint-Aignan, près de Libourne (Gironde).

Les trois agents des douanes sont ici bien accueillis car il ne s'agit pas d'un contrôle de l'exploitation mais d'une simple récolte d'un échantillon de 25 kg de raisins servant à l'élaboration d'une base de données européenne.

Partout en France, à la saison des vendanges, quelques douaniers sont ainsi envoyés dans les rangs de vigne. Dans les vignobles du Bordelais et de Bergerac, une soixantaine de prélèvements sont effectués chaque année. « Nous essayons de choisir des parcelles représentatives de la région », souligne Gérard Martin, chef du centre de la viticulture aux douanes de Libourne.

La vendange du jour est amenée au Service commun des laboratoires du ministère de l'Economie, à Pessac, près de Bordeaux. Dans ce laboratoire, l'un des trois en France travaillant sur le vin, sont effectuées chaque année « entre 150 et 200 micro-vinifications », selon son directeur, Bernard Médina.

« On obtient une carte d'identité du vin le plus représentatif de la région. Ca nous servira après, en contrôle officiel, à vérifier que la quantité de sucre autorisée pour la chaptalisation n'a pas été dépassée, qu'on a bien affaire au millésime revendiqué sur l'étiquette, ainsi que la région d'origine », détaille le responsable de ce laboratoire spécialisé dans le contrôle des boissons pour les douanes et la répression des fraudes.

Des données qui permettront notamment de révéler les éventuels ajouts en sucre de betterave ou sucre de canne. Une quinzaine de cas « suspects » serait recensée chaque année. Trois bouteilles de chaque vin étalon du laboratoire, une fois vinifié puis analysé, sont stockées sur place pour de futures vérifications éventuelles, dans une « cave » où sont aujourd'hui stockées quelque 6.000 échantillons.

Source AFP

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